Avant d'être le film que l'on sait, Psychose est surtout l'adaptation d'un roman de Bloch qui va servir d'exercice de style génialissime pour Alfred Hitchcock.
Porteur de tous les codes de ses films, Psychose joue sadiquement avec le spectateur pour imposer ce que même George R. Martin n'a su faire avec autant de panache:
faire mourir l'héroïne principale au milieu du film et continuer l'histoire sans elle.
De fait, personne ne pensera jamais avoir Psychose devant les yeux avant de voir apparaître le timide Norman Bates ou d'entendre la désormais célèbre et terrifiante musique du film.
L'écart artistique de Hitchie - nous l'appelleront ainsi - réside aussi dans un jeu insolent avec le vedettariat de l'époque: Janet Leigh (Scaramouche, Les Espions s'amusent, La soif du Mal) est une grande vedette depuis la précédente décennie et constitue (pardon à l'avance pour le jeu grotesque de référence) l'Appât pour attirer le spectateur.
Sa soeur et sont amant sont campés respectivement par Vera Miles, une vedette récurrente des films d'Hitchcock (Le Faux coupable, pressentie pour Sueurs froides, Hitchcock presents) et John Gavin, futur OSS117, vedette fétiche de Douglas Sirk et Jules César pour Kubrik la même année (Le Temps d'aimer et le Temps de mourir, Spartacus).
Anthony Perkins est connu pour son français irréprochable dans certains films et sur certains disques. C'est un jeune premier, crooner et abonné aux rôles comiques ou de faire-valoir dans de nombreux westerns comme Du Sang dans le désert où il devient le shérif faiblard que Fonda doit former comme il peut. C'est pourtant lui qui vole la vedettes aux vedettes dans Psychose, le jeune efféminé durement mené et castré par sa mère s'avérant fou et violent.
Bref, un superbe exemple d'écart esthétique réussi, qui devrait servir d'exemple aux écarts esthétiques déplorables de nos réalisateurs actuels.
Ecart esthétique que j'ai moi-même tenté en ne mettant pas sous spoiler ce qu'on attendrait que j'y mette.