Ta musique n'interesse personne à part toi

Avis sur Purple Rain

Avatar Lorelei3
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Au début des années 80, la vogue est au clip vidéo et aux films musicaux entièrement montés sur le seul nom d'un groupe ou d'une pop star. Prince, au sommet de sa popularité, profite de ce moment privilégié pour sortir "Purple rain", réalisé par Albert Magnoli qui se charge de mettre en scène l'histoire de cet artiste maudit qui connaîtra le succès après bon nombre de revers.

Pétri de bons sentiments, de clichés et de provocations à la petite semaine avec quelques scènes de sexe dont la plupart ont été coupées par le studio, cette énième success story ne se distingue en aucun cas des autres productions de ce genre. Ainsi, la réalisation impersonnelle et terne de Magnoli plombe les quelques bonnes idées d'un script au rabais.

Presqu'intégralement interprété par des non-professionnels, pour la plupart membres du groupe du Love symbol, l'ensemble souffre d'un jeu très approximatif. Avec une désarmante candeur, Prince y apparaît en majesté sous les traits du "Kid", jeune précieux de Minneapolis en bisbille avec un père violent, lâché dans la grande jungle rock tendue de pièges innombrables. La belle Apollonia quant à elle, apporte de la fraicheur tandis que Morris Day et son valet Jèrôme nous livrent quelques scènes amusantes.

Heureusement, "Purple rain" est sauvé de l'indigence totale par la musique magistrale d'un Prince au sommet de son inspiration artistique: "When doves cry", "Darling Nikkiet" bien entendu la chanson-titre sont autant de perles qui enchantent encore nos oreilles bien des années après. Les versions live prouvent également l'incroyable présence scénique de celui qui fut un temps le concurrent direct de Michael Jackson. Une fois derrière un micro, le prince du rythme se transforme en bombe sensuelle qui emporte tout sur son passage. Le succès du film et surtout de sa magnifique B.O. ont encouragé Prince à continuer dans cette voie en passant de l'autre côté de la caméra avec trois oeuvres inégales: "Under the cherry moon", "Sign o' the time" et "Graffity bridge".

Malgré ses nombreux défauts, ce premier essai de l'artiste nous replonge toutefois avec nostalgie dans l'esthétique kitsch des années 80. Sympathique!

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