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Resident Evil : Extinction par 0eil

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J'aime bien troller. C'est vrai, on est sur un site qui nous permet de nous exprimer, de "donner nos avis", mais en vrai, on sait très bien ce qu'il en est : on est là pour le sang. Pour pouvoir se repaître de mauvais films et ensuite, les livrer à des libations bien brutales, voire même à des lynchages, au rafraîchissements de façade à grand coups de machette. En prime, quand le client a l'air consentant, pourquoi lui faire une fausse joie ? Dans le domaine, la saga Resident Evil est une valeur sûre : nanardisante au possible, elle allie une espèce de candeur (incarnée par une Milla Jovovich qui croit en son rôle) et une bêtise à toute rompre (incarnée, plus ou moins, par le plot attaché au personnage de Milla Jovovich, mixe bâtard entre Akira et le Dîner de Cons). Sous la houlette de Paul Anderson, ça a donné deux beaux bébés, des abominations qui furent autant de mollards à la gueule des fans de la série vidéo-ludique que de bons étrons cinématographiques. Et en prime, le nouvel opus est dirigé par Russell "Highlander Rise and Fall" Mulcahy, l'homme qui parvint à créer une franchise pour la démolir le film suivant. Une alliance que seul avait pu prévoir Nostradamus dans ses pires cauchemars.

Anderson au scénario, ça veut déjà dire que le plot Alice revient, avec pouvoir pyschique, super force et tout le toutim, une espèce de marque de fabrique dans un univers zombiesque qui n'en avait jamais eu besoin. Du coup, on change pas une équipe qui fait match nul, Alice est de retour, mais cette fois, c'est le contexte qui change. Et là, le bougre m'a pris aux sentiments. L'enfoiré savait bien qu'un énième film de zombie, mâtiné de n'importe quoi, ça ne convaincrait personne. Alors il a tenté un nouveau truc : le minishort. Moulant à la perfection le fessier admirable de Milla, c'est la véritable bonne idée du film. Pour lui faire une place d'honneur dans le métrage, Anderson, le frippon, a décidé de booster un peu son intrigue avec du bon gros post-apo qui tâche, à croire que l'enfoiré lit dans mes pensées. Milla Jovovich, une ambiance à la Mad Max, mais mince, ce mec connaît toutes mes déviances, c'est pas possible. Des déserts à ne plus savoir qu'en faire, des vieilles bagnoles et des freaks planqués qui t'attirent sans rien dire dans de honteux pièges et la plantureuse demoiselle, voilà un ménage qu'il est bon de saluer. On se croirait presque en Australie - mais en meilleure compagnie.
Et du coup, force est de constater que ça marche pas trop mal. Ca reste gnangnan parce que faut pas déconner, l'alliance Anderson/Mulcahy, c'est pas non plus Miller, mais ça fait le job. Faut passer outre la séquence de départ, sorte de gimmick de la série, avec son espèce de mise en abyme forcée, qui génère toujours un certain embarras. Et finit sur un charnier de Milla Jovovichs. Petite parenthèse, ce charnier a au moins le mérite de valider la thèse selon laquelle le temps n'a pas d'effet sur l'ancienne mannequin : même les cadavres de ses clones, abandonnés sous un soleil aride, ne sont pas atteint par la décomposition comme les nôtres, simples mortels. Bref, c'est un mélange assez subtil entre tout ce qui fait de la franchise filmique Resident Evil du nanar et tout ce qui pourrait rendre cet épisode sympathique. De chouettes - et déserts - décors qui tranchent avec les films du genre zombifiant et... le contexte ring' de la série. On nous précise qu'en plus de transformer les gens en zombie, ce salaud de virus assèche les océans, tue les arbres et écrase les chattons. C'est lui qui t'a balance au fisc, frère, juste avant de faire de l'huissier une salop'rie de zombie. Édifiant. On alterne donc entre ridicule et cool, scènes de survie dans le désert, expériences (encoooore) sur les zombies sous la Terre. Si je ne m'abuse, d'ailleurs, ce Resident Evil emprunterait pas un poil au "Jour des Morts-vivants", avec ses scientifiques qui tentent de domestiquer les zomboys. Peine évidemment perdue.
Comme d'ordinaire, seule Milla Jovovich semble prendre ça au sérieux et tente vaillamment de livrer une performance qu'elle doit juger elle-même plutôt convaincante - et elle l'est, dans une certaine mesure. Personne ne fait mieux qu'elle la jeune femme littéralement hackée par un satellite. A côté d'elle, Iain Glen n'est pas encore Jorah Mormont et essaie de ne pas trop se laisser aller au cabotinage qui sied à un méchant de nanar... échec, d'ailleurs, puisqu'il rit très fort à la fin, malgré tout. Les seconds couteaux sont légions (comme dans tout bon film de survie) et pas trop mauvais. Entre Ali Larter qui se croit encore dans Heroes et Oded Fehr, qui joue le gros bras mélancolique, sourire en coin et sacrifice en bout de course, on a droit aux stéréotypes de base, mais ça fonctionne pas trop mal. Mention quand même à Linden Ashby, qui campe un bon vieux cowboy trop cool et n'a guère le temps de briller à l'écran, plombé en outre par un partenaire qui cache encore et toujours une putain de morsure - tête de con.
Toujours est-il que le métrage, malgré ses errements maladroits, s'attire un capital sympathie. Même la séquence de superpouvoir pyrotechnique marquant l'arrivée d'Alice au sein du groupe de survivants m'est apparu comme plutôt cool. Overpowerful, certes, mais cool. Et puis, ça se promène, ça suppute sur où se rendre, ça part chercher son essence, comme d'hab', quelqu'un s'est fait mordre et s'est dit qu'un peu de temps et l'application régulière de larmes bien salées soigneraient fatalement la blessure. Bref, le train-train, exécuté sans ambition, mais sans chuter dans l'écueil du n'importe-quoi qu'affectionnaient les précédents opus... enfin presque. Alors que le film trébuche un peu (le satellite pour prendre le contrôle de Milla Jovovich, avec les prunelles de cette dernière qui se transforment en symbole de l'Umbrella Corporation, ça pique), soudain, il y a le lâcher-prise. On était presque tiré d'affaire, on arrivait dans le dernier segment et là, pif, on retourne sur les rails du nawak, avec la belle Milla qui part sous terre mettre fin aux expériences. Ah zut. Presque un sans faute. Ok, il y avait ce président Wesker blond platine, qui ressemblait à un croisement entre Eminem et Bill Pullman. Bon, certes, il précise que, même s'ils viennent de perdre une base, des hélicos, des hommes armés, tout cela ne met évidemment pas fin au grand plan machiavélique qu'il a préparé (sous terre, puisque la surface est condamnée, hu hu), mais quand même. J'aurais pensé que ça ne finirait pas en nanar et pourtant. Après avoir maintes fois résister, l'héritage revient au galop, et hop, on se retrouve avec une conclusion full nawak, présageant d'une suite overnawak - ce qu'elle a d'ailleurs été.

C'est fou. Resident Evil, c'est la franchise foutoir mais jusqu'au-boutiste. Anderson a une vision de ce que doit être Resident Evil et n'en dévit pas d'un centimètre, même quand cela finit par achever un métrage qui aurait pu être cool. Il a une idée sympa, toute son équipe tente de la véhiculer avec amour mais non, ça se plombe encore avec les gimmicks récurrents, les pouvoirs psychiques, les clones en tout sens, les vrais-faux décors, les trucs ultra-cheaps qui auraient pu être évité avec un peu de bon sens, mais qu'Anderson semble affectionner à mort. Du coup, on a là quand même le meilleur opus de la série... certes. En comparaison avec ceux d'avant et ceux qui suivent, celui-ci défonce. Mais en comparaison avec un film moyen, ben... il tient difficilement la route, quand même. La faute à son lourd passif de Resident Evil. Je me suis presque pris à apprécier davantage le film pour ce qu'il aurait pu être, à savoir, un film de zombies avec quelques moyens, dans un contexte post-apo hérité de Mad Max. Et ça, sans tout le carcan de la franchise, ça aurait été tellement cool.

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