Un massacre oui, mais "à la française"!

Avis sur Rimbaud Verlaine

Avatar Lucie L.
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Vendredi soir, rien à la télé.
Heureusement j’ai Canal. Tiens, ils font une rétrospective Di Caprio sur la 41 ! Ils semblent passer tous ses pires films ; le meilleur reste encore jeudi, avec Blood Diamond, une très bonne surprise, et lundi avec Gatsby le magnifique. Mais le reste… Titanic, Verlaine Rimbaud, et Roméo + Juliette. Pas de Gilbert Grape, pas de Catch Me If You Can, pas de Shutter Island, pas d’Inception, pas de Django Unchained…
Mais bon, après tout Verlaine et Rimbaud sont à mon programme de français. Alors je range mes DVD d’Inside Llewyn Davis et de Take Shelter, que je me réserve de voir depuis déjà plusieurs semaines.
…Quelle erreur.

Premières minutes du film.
Putain, ce qu’il était beau Di Caprio. Tiens c’est censé être la France. Mais attend… attend y’avait un gros problème avec ce film avant même qu’il n’ait commencé : ils parlent anglais bordel de merde !! Ils traduisent les vers de Rimbaud en anglais et réinventent des rimes à l’occasion !! Putain et la rythmique tu te torches le cul avec ?!

Plus tard.
Qu’est-ce que Di Caprio fout à poil sur un toit ? Oh tiens on voit sa bite. Hum.

Encore plus tard.
Mathilde, la femme de Verlaine serait donc une pauvre potiche bien foutue qui se fait taper par un Verlaine « brutal » et « faible », égocentrique, obsessionnel, auteur raté (ce qu’il est très loin d’être)… Je ne prétends pas connaître le personnage, mais je doute au moins qu’il ait jamais considéré Mathilde comme un simple objet sexuel comme le film l’affirme. Mais bon, le personnage de Rimbaud me semble plutôt fidèle à ce que j’ai pu en lire, et l’interprétation de Di Caprio est assez impressionnante au vu de ses pauvres lignes de dialogue, alors laissons passer.
Par contre… Aucune allusion à Ma Bohême ou à aucun de ses poèmes. Pas une ligne lue, exceptée sa correspondance, et pas les passages intéressants.

Attendez… Qu’est-ce qu’ils foutent à quatre-patte à imiter des chèvres ?

*Roulement de tambour* Bon, ici j’accorde un point.
J’aime bien la belle société des « poètes » parisiens tels qu’il sont montrés, une bande de bourgeois péteux qui écrit de la bouse, mais se permet de mépriser le génie du siècle, à savoir Rimbaud, en avance sur son temps. La France est EVIDEMMENT caricaturale, mais moins que je l’aurais pensé… Mais pourquoi s’attarder autant sur l’Angleterre ? Ah oui j’oubliais, ce foutu chauvinisme anglo-saxon. Mais c’est MA culture que vous massacrer bordel de Zeus (j’ai décidé d’être plus polie dans la dernière partie de cette critique parce que y’a beaucoup trop de vilains mots ici et… OH MON DIEU LA BITE DE LUPIN AAAHH ENLEVEZ MOI CETTE IMAGE DE LA TETE !!)
… putain à côté du corps *parfait* de Romane Bohringer le corps maigre et blanc de David Thewlis, alias Verlaine, alias Lupin dans Harry Potter, hé oui, le rêve se brise, est juste dégueulasse. Mais bon, passons.

Vers la fin du film.
Blabla, des niaiseries et gesticulations sans intérêts. Une interprétation approximative de quelques citations hors contexte de Rimbaud, et une dernière partie de film retraçant la fin de sa vie complètement bâclée (le film, pas sa vie). Pas un mot sur le fait qu’il a très mal tourné là-bas. La religioserie insipide et anti-créatrice de Verlaine vers ses dernières années transparaît un peu, mais le film passe très vite sur sa tentative d’appropriation du mythe de Rimbaud. Dommage parce que leur relation telle que décrite dans le film était cohérente avec ça.
Mais bon, ne demandons pas trop de logique et de continuité. Tout ce que je voudrais, c’est un peu de sobriété et… MERDE. Encore ces images floues d’océan et ce putain de désert en mode Lawrence d’Arabie.
Et ça finit sur une note de niaiserie supplémentaire.

En résumé le principal intérêt – la seule raison de voir ce film en fait – tient en deux mots : Di Caprio. Dommage, si la poésie française et ses auteurs n’avaient pas été si sauvagement poignardés, j’aurais mis 7/10, parce que la réalisation est pas trop mal, les acteurs bons et le scénario bien ficelé, excepté cette fin dégueulante. Et finalement ma note de 6 est indulgente.
Edit: ma note de 5. Ma note de 5 est indulgente.

Demain, je matte un DVD.

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