L’aller m’a suffit

Avis sur Rivière sans retour

Avatar Jduvi
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Mais que diable le grand Mitchum, si impressionnant dans Les nerfs à vif ou dans La nuit du chasseur, est-il allé faire sur cette galère ? Comment a-t-il pu être tenté d’interpréter cette Nième brute au cœur tendre, cet archétype usé jusqu’à la corde du héros de western : viril, infaillible tireur, dur mais droit comme la justice, en apparence insensible aux charmes féminins (finalement si, allez), et bien sûr à la recherche de sa propre rédemption ?

Mitchum semble avoir été lucide sur le film puisqu’il le qualifiait de « picture of no return ». Et il est vrai que les scènes de radeau filmées en studio devant un écran montrant une rivière démontée frisent quand même dangereusement le ridicule. Que dire aussi des indiens tirés comme des boites de conserve à la fête foraine (dont les flèches ne font jamais mouche, quels bras cassés ces rouges) ? Et de Mitchum réchauffant Marilyn comme un bout de bois - il paraît que la scène est culte ? Et du même embarquant la belle exactement comme un sac de patates, celle-ci se débattant pour finalement s’asseoir bien gentiment dans le chariot ? Il est vrai qu’elle était sur le point de se rendre avec bien plus de bonheur encore aux arguments du Matt quasi violeur dans une scène précédente... Soyez rustre et violent, vous gagnerez le cœur des jolies femmes. C’est bien connu.

On ne s’attardera pas plus sur la philosophie à deux balles que le film nous propose : « la beauté est avant tout intérieure », « il ne faut pas juger autrui sans connaître son histoire » et autres « la course au fric ne rend pas heureux ».

Je sauverai quelques scènes de combats à terre très bien filmées, un zoom arrière dans le saloon à la fin alors que Marilyn susurre la chanson éponyme du film, et puis les chaussures rouges balancées du chariot. Bien peu de choses.

Comme histoire d’un petit garçon apprenant la vie en côtoyant le monde adulte, on préférera de loin Première désillusion de Carol Reed ou Le voleur de bicyclette de Vittorio de Sica. Ceux que les grands espaces canadiens ou le charme ir-rés-is-ti-ble de Marilyn ne combleront pas risquent bien de trouver la descente des rapides un tantinet longuette.

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