Sept à la maison !

Avis sur Seven Sisters

Avatar Steven McGuffin
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Voila un film que je voulais voir. J'aime absolument Noomi Rapace. Son physique atypique, son jeu, sa pudeur et sa rareté, j'aime tout. Alors avoir sept Noomi dans un film de SF, j'étais aux anges.
Verdict ? Noomi Rapace est bien, le reste est honteux.

La réalisation est la première chose qui viendra fendre mes espérances. Shaki cams à outrances et (très) gros plans pour masquer les doublures (réelles ou numériques) de Noomi lors des (trop) nombreuses bagarres du film, c'est la gerbe. La première intervention des hommes de main dans l'appartement m'a fait penser aux scènes de combat de Resident Evil 2 qui souffrent des mêmes problèmes. Triste comparaison.
L'univers et l'esthétique générale est aussi en reste. Pour un film de SF on peut espérer un peu d'anticipation, mais à part quelques gadgets, rien ne permet de situer l'action dans le futur. C'est plus que timide, mais après tout pourquoi pas ? D'autant que le livre se situe sur une ligne de "hard SF". A l'écran, son esthétique est très lisse mais laisse épisodiquement (et étrangement) place à des scènes d'un gore vulgaire et malvenu. En effet, le réalisateur n'hésite pas à faire des plans sur les entrailles, sur des membres coupés ou arrachés. Encore une fois pourquoi pas, sauf que ces scènes ne collent pas à l'ensemble et sont réellement putassières, comme pour justifier la classification "adulte" d'un film qui intellectuellement ne l'est pas. Le gore laissant place au guignolesque avec certaines morts dignes de Destination finale (une chute mortelle contre une porte de réfrigérateur est assez éloquente).
Doit-on rire ? Visiblement non, car on jette des tripes à la gueule du spectateur au même moment et quelques scènes très "premier degré" (comme la scène du doigt des enfants) confirment ce constat. On se trouve gêné devant le film qui avance sans trouver sa voie, on se dit « vas-y film, fais ton truc » en essayant de s'intéresser, alors même que l'on comprend le twist final au bout de dix minutes et qu'il est même possible de deviner, par simple déduction logique, qui est la brebis galeuse parmi les sept sœurs. Il n'y a en effet qu'un choix possible, que l'action frénétique tente de faire oublier. Mais non, l'ennui face à cette pagaille bien rythmée mais techniquement gerbante poussera le spectateur à réinterroger sur les ficelles du récit, ce qui n'est pas dans son intérêt.
Car oui, l'autre intérêt du film devait être son récit. La dystopie et les questions sur la gestion de la surpopulation, mais aussi une enquête. Qu'est-il arrivé à Lundi ?
Le postulat était intéressant, explorer le monde par le biais de ces individualités était intéressant... mais l'univers n'est pas exploité, et l'intérêt pour l'enquête est mort dans l’œuf tant l'intrigue est cousue de fil blanc. Difficile aussi de s'attacher aux personnages tant ils sont stéréotypés. C'est un peu logique, mais cela fonctionne moins bien que dans Split.
Je passe sur les faux raccords, la réutilisation de figurants, certains qui attendent même le « top » du plateau pour jouer (je ne suis pourtant pas du tout un expert pour trouver ces trucs d'habitude, surtout au premier visionnage)...
Viennent aussi les problèmes liés au concept du récit. Pourquoi les sœurs qui ne veulent pas sortir, ou celles qui sont malades un jour ne laissent pas la ou les sœur(s) désireuse(s) de sortir plus souvent prendre la place ? Le principe est tellement absurde qu'on préfère laisser une toxico tremblante plutôt qu'une autre sœur plus stable. Cela pousse la fratrie à l'implosion pour une raison qui m'échappe, et on se demande comment le stratagème a pu tenir si longtemps (d'autant qu'il aurait pu tenir beaucoup plus longtemps finalement).

Le plus difficile à accepter étant le cas de Monday, enceinte, qui pouvait sauver son bébé et ses sœurs. Il lui suffisait SIMPLEMENT de faire sa grossesse chez elle, avec la complicité de son homme visiblement très compréhensif et prêt à tout pour elle.
Mais non, il a fallu choisir la pire des solutions. Surtout que le monde faisait des efforts démentiels pour ne pas se rendre compte des différences entre les soeurs (cf le gardien de l'immeuble ou encore le boyfriend dont c'est pourtant le seul job).

Récemment j'ai appris que le film n'est sorti au ciné qu'en France, le reste du monde le découvrant sur Netflix. Cela explique les contraintes techniques et son niveau de téléfilm.
Une bien mauvaise expérience donc.

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