Il était une fois sept soeurs, toutes identiques. Ou presque. Ces sept soeurs étaient nées alors que pour éviter la surpopulation et la surexploitation des ressources, une énième loi Macron était passée histoire de limiter les naissances.


Ces sept enfants avaient, pour les éduquer, un gentil papy qui empruntait la tête de Willem Dafoe. Autant dire qu'il avait la super classe quand même, grand père. Alors que celui-ci ne pouvait se résoudre à abandonner ses petites filles, même si cela aurait pour conséquence pour les haters de se taper Noomi Rapace en sept exemplaires, il mit au point un stratagème. A chacune son jour de sortie et son prénom associé. Comme cela, c'était aussi facile de s'en souvenir en cas de maladie d'Alzheimer de papy.


Il était une fois un film très honnête qui empruntait dans sa première demi-heure la voie du conte, dans une fable d'anticipation qui, aux yeux des plus négatifs, bouffera sans doute à tous les râteliers, entre Bienvenue à Gattaca, Minority Report et toutes les autres obsessions K. Dickiennes aujourd'hui assez communes au cinéma. Avec tout ce que cela comporte de système en mode Big Brother perverti et dévoyé dans ses intentions au départ humanistes, de traques dans les bas fonds et de retournements de situation.


Seven Sisters apparaîtra dès lors confit dans un classicisme en mode automatique. Augurant une oeuvre Big Mac vite vue vite oubliée au fond d'une salle de multiplex surchauffée en panne de clim' en cette fin d'été. Mais le film apparaîtra, au fil de l'intrigue, comme quelque chose d'étonnamment efficace, intéressant à suivre et relativement prenant. Et ancré dans un contexte semi réaliste assez bien vu dont l'histoire est à peu près cohérente, contrairement à ce que peuvent affirmer certains esprits chagrin. Même s'il aura un peu de mal à recoller les wagons quand il s'agira d'expliquer les motivations de certains personnages, qui seront pour le coup un peu légères lors du générique final.


Les thématiques brassées sont multiples et demeurent intéressantes, même si elles demeurent parfois un peu survolées. Les questions relatives aux problèmes d'identité partagées comme un masque et les personnalités de chaque soeur auraient pu être traitées de manière vertigineuse. Mais Rafaella De Laurentiis, qui se cache derrière l'entreprise, semble considérer que l'on n'est finalement pas là pour cela, misant plus sur l'aspect action de Seven Sisters, débauchant au passage un réalisateur certainement aux ordres en recherche d'un retour en grâce.


Car oui, il était une fois, aussi, un réalisateur du nom de Tommy Wirkola, à la réputation de tâcheron intersidéral après une escapade, déjà, dans le milieu du conte, avec son Hansel & Gretel : Witch Hunters, une purge qui, à sa seule évocation , fera sans doute tourner de l'oeil à beaucoup d'entre vous dans un râle d'agonie.


Pourtant, c'était pas si mal, Hansel et Gretel, avec son duo d'acteurs et son sabbath final en mode orgiaque et what the fuck qui défiait les limites de la classification à la mode américaine. On retrouve tous ses aspects chez Seven Sisters, avec cette violence assez frontale sans plan de coupe destiné à ménager la sensibilité des jeunes téléspectateurs, comme on dit aujourd'hui sur le Service Public, la mise en scène de la nudité et une réalisation très alerte et la plupart du temps sans temps morts.


On pourra aussi s'interroger sur certains éléments du film touchant à la politique, comme cette femme à la poigne de fer qui ne serait pas sans rappeler, sur certains aspects, parmi les plus détestables, d'une Hillary C. débarrassée de sa Trumperie, ou encore de ce pays sans nom qui pourra passer pour un pays de l'Est au vu de la liste de prénoms des enfants confiés au bons soins du bureau.


Mais ce serait prêter un sacré sous-texte pour un yes-man qui s'est certainement contenté de répondre aux ordres qu'on lui donnait, livrant un film d'anticipation très agréable et solide dans son action. Je n'attendais rien d'autre de ce Seven Sisters...


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le 4 sept. 2017

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