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Somewhere

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Un tour, deux tours, trois tours, quatre tours de Ferrari. Un tour, deux tours, trois tours, quatre tours de barre de lap-dance. Un tour, deux tours, trois tours, quatre tours de patinage. Un film qui tourne, en somme, indéfiniment, jusqu'à ce que je plongeasse dans une torpeur proche de la sieste méridionale, éclaboussée de larmes pubères vers la fin. Pas les miennes, évidemment.

L'avantage d'un film qui surfe sur la diagonale du vide, c'est qu'il laisse le temps de penser au reste, à la lutte entre l'honnêteté intellectuelle et le ronflement, au choix simili-underground de Stephen Dorff, qui aurait apparemment une âme quelque part dans son BlackBerry, à une stratégie de contact physique avec mon voisin de cinéma, hipster à l'oreille dressée sur Julian Casablancas donc en pleine transe de la hype (avec l'effet combo de l'avant-première), donc non.

Et c'est là le problème des films voulus, pensés, fabriqués puis labellisés Contemplation. Le propos ne délivre plus avec grâce ses effluves entre les lèvres sèches des acteurs californiens déshydratés ; mais il est nu, palpable, et donc indispensable. Le récent Poetry de Lee Chang-Dong investit ce terrain du sous-jacent, du masque, dans le regard et les brefs périples de Mija. A l'inverse, Somewhere omet crument de se doter d'autre chose que d'hélicoptères, de Wii et d'un room-service. Les plans fixes et longs coulent simplement sur les minutes, sans irradier la moindre émotion, même feinte, faute d'ancrage dans une réflexion aboutie et de prise de conscience suffisamment précoce qu'à ses malheureux instants perdus, Sofia Coppola se regarde filmer (cf. travelling slow-motion du bord de piscine).

Enfin, attention les yeux, un éventail de thèmes relativement bâclés (et humides), comparés à l'innovant Virgin Suicides : le divorce, l'abandon, la vanité (et les difficultés trop méconnues) d'une vie hollywoodienne. On a donc autre chose à faire au cinéma que de s'abrutir, et ça...même pour la hype.

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