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Darth of Pleasure

Avis sur Star Wars : Le Réveil de la Force

Avatar Gothic
Critique publiée par le

Les souvenirs se bousculent dans ma tête tandis que je m'apprête à rejoindre Pif pour une séance qui s'annonce blindée, avec au menu de la 3D et de la VO. Le sieur a même pris soin de réserver les places, au cas où, alors que déjà nous pénétrons dans une salle qui durant tout le film restera à moitié vide. Flûte, c'est bien aujourd'hui la séance ?

Il était où hein, le Wookiee ?
L'heure est à la nostalgie donc. "A long time ago in a galaxy far, far away...". Les révélations cultissimes à base de "je suis ton père (alors finis tes légumes)", les courses poursuites de folie sur une musique emballée de John Williams, les combats au sabre laser, les stormtroopers, et autres AT-AT, la destruction de l'Etoile Noire, l'assassinat de Kenobi à Dallas (je suis plus trop sûr pour celui-là) et l'article qui s'ensuit dans la section Obi-tueries...je m'égare. La 3D se fait tellement discrète que je n'en ressors pas même avec un petit mal de tête post visionnage, j'en suis presque déçu ! C'était bien parti pourtant, avec ces bande-annonces rose fluo qui arrachaient la rétine, précédant un retour de la toile noire (clin d'oeil du cinéma au film ?). Reprenant l'une des licences phare de Lucas à bras le corps, Abrams a eu du flare, et nous aussi pour le coup, même si moins qu'à l'accoutumée. D'autant que l'introduction des différents protagonistes se fait plutôt naturellement, un bel effort d'écriture de la triplette Abrams/Kasdan/Arndt, plot twist nolanesque en prime.

Ce premier volet d'une nouvelle trilogie vous fera probablement penser à l'opus d'ouverture de 1977, assez ressemblant sur pas mal de choses, sa structure ainsi que certaines séquences notamment. On y découvre un personnage fort intéressant, Rey, pilleuse d'épaves de son état. Daisy Ridley assure un max, c'est sans aucun doute LA révélation de cet opus. Un excellent choix dans la distribution, aux antipodes d'une certaine moulasse blonde précédemment retenue pour un rôle important (Hayden, si tu me lis...enfin, si tu sais lire déjà...et français qui plus est...non laisse tomber du coup, aucune chance). Isaac radine avec son BB-8 et fait le job, tandis que le reste de la distribution oscille du moyen/générique (Boyega, ayant sans doute troooop peur de donner la réplique à des légendes) au très bon (la old team, what else ?). Ils ont vieilli, et sont présentés tels quels, sans artifices ou presque (j'étais persuadé de découvrir une Carrie Figée et non Fisher, ouf...). Après tout, l'histoire se situe trente ans après les évènements de l'épisode 3...enfin 6...bref, après Le Retour du Jedi quoi ! Des retrouvailles placées sous le signe du fan service, et une belle complicité qui crève l'écran.

Snoke, King on Heaven's Door
Pour épauler la "vieille garde", J.J, l'amoroso de Star Wars, y ajoute quelques noms plus "frais" avec plus ou moins de bonheur. Gwendolyne Christie ou le très très méchant Andy "Mister CGI" Serkis en mode Supreme Leader: c'est l'Gollum Royal, en somme ! En parlant d'effets, Abrams mise beaucoup sur le naturel et nous propose des images propres, une grande biodiversité, ainsi que du bon vieux latex en soutien aux désormais traditionnelles images de synthèse de rigueur. Quelle agréable surprise ! La débauche est totale, point d'économie de (Na)bout de chandelles ici ! Au chapitre du son, si les bruitages sont réussis, et l'ambiance sonore aux petits oignons, Williams sert un score mi-figue mi-raisin. La musique est abondante et accompagne un paquet de scènes, futures cultes ou pas, mais elle n'est que rarement mémorable hélas, et encore, principalement lors de la reprise des thèmes incontournables de la saga.

Mon point de comparaison le plus frais dans l'univers Star Wars, c'est l'Attaque des Clones (vu en espagnol !). Si je m'en tenais à ce seul versus, The Force Awakens se taperait un 10 et trônerait fièrement dans mon Top 10 films à l'heure où vous lisez ces lignes. Pif et moi-même nous sommes fait cette même remarque lors du débriefing (comprenez "au pub irlandais le plus proche, un demi à la main"). A mon sens c'est d'ailleurs valable pour toute la prélogie 99-05. Rien qu'en me remémorant Jar Jar (ils auraient pu le nommer "cruche cruche" tiens...), le Darth Demi-Molle et surtout, la double erreur de casting en ce qui concerne Anakin. Et ce naufrage, même ce survivant de tsunami de McGregor, même ce bon Liam et ses "compétences très particulières", n'ont pas pu le prévenir. L'opus 2 de la trilogie du nouveau millénaire laisse de marbre, cet épisode ni frappe, Neeson.

Un brin effrayé à l'idée d’assister au Réveil de la Farce sous la forme d'un énorme pétard mouillé, je ressors partiellement conquis. Heureux de ne pas voir la licence piétinée à nouveau, mais dans un même temps, impatient de voir ce que la suite nous réserve, en espérant un peu plus encore. C'est déjà un petit évènement en soi, le genre de victoires que même Jango et Boba fêtent.

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