Le serial killer maçon

Avis sur The Chaser

Avatar Valentin Fialon
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Ceci est Jung-ho. Un ancien flic parti d’un monde trop corrompu pour rejoindre un monde qu’il peut diriger d’une main de fer, le proxénétisme. Grace ou à cause d’un appel, un jour, il apprend qu’une de ses filles (travailleuse sans antécédent !) a disparu. Il part donc à la recherche de cette jeune femme du nom Mi-Jin. Celle-ci, est, malheureusement pour sa petite personne emprisonnée chez un client pseudo-psycho-killer-marin-maçon à la vue des magnifiques nœuds qui entourent la jeune femme ainsi que la trousse à outils (contenant des crochets, un marteau, un tournevis et tristement aucune truelle ni ciment susceptible de rassurer notre petit bout de fraise préféré) qu’il sort dans une salle de bain sous-terraine (SAW nous entends-tu ???) dans une ambiance fichetrement glauque.

Jusque la ce film ne présente rien de réellement accrochant encore pour le téléspectateur, juste un film banal employant de quelques visions d’horreur pour émoustillé les petits poils qui se trouve en bas de notre prolongation lombaire, entre nos petites fesses vermoulues de spectateurs le plus confortablement installés et notre « chute de reins ». Mais mesdames… messieurs, ce qui différencie The Chaser de tout un tas d’autres bon films dans le style liant le polar à l’épouvante, décrochant même à mes yeux un bien meilleur rang que Seven ou Memories of Murder c’est le style du film.

Na Hong-Ji, réalisateur de ce long-métrage, deuxième à son actif après The Murderer, a voulu allié le drame au thriller dans cet épisode de deux heures et trois minutes. Une des particularités de cette enquête est qu’en réalité on ne recherche pas le meurtrier mais on cherche la femme emprisonnée pour la sauver des griffes psycho-truelliennes d’un killer en série ! En effet dans le premier quart du film l’ancien flic tombe né à né par un pur accident (au sens propre et dérivé de son terme) avec le maçon des temps modernes. Commence alors une course poursuite dans un quartier reculé de Séoul où les deux compères finiront coffrés par la police de Miami façon bureau de tabac Coréen ! Et alors l’enquête et le délire commence ! L’ancien flic fait jouer ses contact pour sortir avant le meurtrier de cet enfer administratif qui deviendra une affaire d’état, de sorte à ce qu’il gagne du temps pour amasser des preuves et ,peut-être, retrouvé Mi-jin ou ce qu’il en reste. Dans le même temps on assiste aux différents interrogatoires que peu passer notre marin d’eau douce et on se rend bien compte que ce Monsieur si attentionné soit-il avec les femmes, n’est pas tout à fait normal dans sa tête, le pauvre garçon. Bref, le flic remonte la piste de Mi-Jin retrouve sa fille et fait marcher autant sa tête que ses réseaux controversés ainsi que certaines informations de ses potes de la police asiatique pour tenter de retrouver une mère bien attachée dans une salle de bain glauque, dans une maison qui est inconnue de tout ceux qui la recherche, à cause du manque d’information sur le portugais-coréen toujours en interrogatoire. Peu à peu le proxénète, loin d’être un enfant de cœur s’humanise et on commence réellement à ressentir de l’empathie et tout un tas d’émotions bizarroïdes qui vous font chaud dans le cœur pour ce personnages, tandis ce que les multiples visions d’horreurs qui nous ramène dans la maison du perturbée de première classe nous rappellent, la situation dans laquelle nous nous trouvons et à quel point ce deuxième compagnons s’écarte d’un coté âme sensible/ baptou fragile. Manque de preuves à la fin du temps imparti le psychothérapeute à qui il ne vaut mieux pas faire confiance est relâché dans la nature et l’ensemble des charges retombe sur notre proxénète qui n’a tout de même pas les mains bien propres, la chasse débute. Deux personnages avec des caractères différents mais très forts s’oppose tous les deux dans des situations qui ne sont pas à leur avantage (ou en tout cas des situations qui en décourageraient plus d’un)… un combat, une course contre la montre s’opère dans le film, et l’action nous prend comme un coup de fouet, tout s’accélère, on sent comme une réelle montée d’adrénaline provenant directement du trône duquel on regarde les scènes d’espoir et souvent choquantes s’enchainer dans un flot sans fin !
Ce film reste un drame dans le sens où la fin n’est malheureusement pas aussi joyeuse que dans un conte de fée, en même temps vous l’aurez surement remarqué, on en était déjà bien loin.

Je considère ce film comme un film magnifiquement bien réalisé car il est parfait sur tous les points que je vais vous donner dès à présent :
Le cachet. Oui ce film au delà de n’importe quel adjectif qu’on pourrait lui donner est avant tout superbement bien filmé avec un format couleur – 2.35 : 1, le spectateur se retrouve vraiment plongé dans une ambiance qui fait ressortir toutes les ombres. De plus, la plupart du temps le film se passe de nuit, on se retrouve bien plongé dans une ambiance froide et peu accueillante. On voit donc évolué les personnages dans ce monde, dur et triste. La caméra est toujours au plus proche des acteurs (on notera par exemple les différents plans dans la voiture ou dans le film en général) mais on sent pourtant une certaine distance toujours marqué entre le spectateur et le personnage (une vitre, un pan de mur, un ordinateur, un écran) ce qui montre bien que l’on aimerait s’identifier à ceux-ci mais que quelque chose nous en rend incapable dans la totalité. Les scènes sont elles aussi très intéressantes étant donné qu’ à aucun moment dans celles-ci on à un plan de vue générale de la scènes : le caméraman fait rentrer le spectateur dans l’action peut importe son degrés d’atrocité.

Le rythme. Les différentes parties sont bien marquées, on se croirait presque dans un livre, parfois des arrêts qui nous paraissent long mais qui sont importants pour profiter de l’accélération qui va suivre. Comme vous l’avez constaté dans cette critique jusqu’à présent je l’espère, on repère réellement un calme AVANT la tempête, on en retire que de la tristesse.

Les personnages. Quand on retire toute blague à connotations racistes sur ces humains aux couleurs banane trempée dans la boue, on remarque tout de même que l’on a affaire à de GRANDS acteurs, chacun joue son rôle à la perfection, et je peux vous assurer que l’on se retrouve bien loin du jeu d’acteur américain ou encore français auquel on assiste la plupart du temps… Avec très peu de mimiques les acteurs du film The Chaser (Kim Yoon-seok, Seo Yeong-hie,…) nous plonge dans des états de psychose ou de joie restreintes ! L’ambiance joue heureusement pour beaucoup dans ce fait mais je tire quand même mon chapeau pour un tel talent.

The Chaser est donc un film alliant à une grande violence et au stress permanents d’une enquête qui se fait ressentir à chaque secondes, une certaine poésie qui en fait un film sans précédent. Il est a regardé si un soir vous avez envie d’être crispé dans un doux fauteuil chauffant ou dans un lit bien douillet pour profiter de la vie qu’il vous reste sans rencontrer de telles épreuves. Si vous avez déjà vu ce film, je vous en supplie, dites moi ce que vous en pensez et si ce n’est pas le cas j’espère vous en avoir donné l’envie !!!!

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