Terrifiant huis clos asphyxiant

Avis sur The Descent

Avatar JéJé fait son Bagou
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-Sam, tu peux nous dire ce que c'est?
-Aucune idée, mais ils ont une apparence humaine.
-Oh non! Il faut qu'on sorte d'ici avant que ces choses nous tombe dessus.
-Sam, dis-nous contre qui on se bat.
-En fait, ils sont complètement aveugle. Et d'après ce qu'on a vu, se serait grace au sang qu'ils détecteraient leurs proies. C'est comme les chauves-souris. Et ils se sont parfaitement adoptés dans la vie souterraine dans le noir.
-Bon en tout cas ils vont chasser en surface et ils rapportent les proies dont ils vont se nourrir par un accès. Les filles si on réussit à garder notre sang-froid et a évité ses enfoirés. Je crois que j'ai trouvé la sortie.

Depuis mon enfance je suis un passionné de films d'horreur, si bien qu'encore aujourd'hui il est mon registre cinématographique préféré. Curieusement, quoique je sois un fan d'horreur à long terme, je comptabilise à ce jour peu de critiques de ce genre. C'est pourquoi à partir de maintenant je vais corriger ce point pour en faire plus, sans pour autant négliger d'autres genres chers à mon coeur tel que le western, thriller, polar...
J'adore avoir peur, grincer des dents, retenir mon souffle pendant de courtes périodes de tensions forte, sursauter, haleté, montée en adrénaline. Autant de molécules me procurant un jouissif plaisir. Devant l'horreur, effrayé tout disparaît, ne restant que l'instant présent, plus rien ne filtre que la préoccupation consciente d'une séquence effrayante.

Réalisé par Neil Marshall (Doomsday, Dog Soldiers, Hellboy) un cinéaste que j'apprécie qui livre avec ce film une véritable hantise claustrophobique angoissante et suffocante. Un souffle de terreur provenant des échos funestes qui résonnent des entrailles labyrinthiques entremêlées d'une grotte infernale semblable à une bouche géante conduisant aux plus profonds des enfers, qui dévorent l'horreur dans un véritable festin d'hémoglobine hardcore, pour mieux la régurgiter dans toute sa violence et sans le moindre filtre sur nos visages. Le cinéaste nous saisit fermement par la gorge, nous frappant de son autre main à l'estomac pour mieux nous couper le souffle dans une multitude d'évocation cauchemardesque.

Une spéléologie en plein milieu du massif des Appalaches avec 6 femmes indépendantes qui après un incident se retrouvent piégées dans les entrailles de la terre dans des tunnels autant lugubres qu'étroits. Un monde d'obscurité souterraine, seulement illuminé par la lueur granuleuse des fusées éclairantes rouges et des néons verts. Les faisceaux des torches transpercent faiblement les ténèbres. Un moment de terreur authentique qui prend tout d'abord pleinement son temps avec les jeunes femmes traumatisées en pleine lutte contre les éléments. Elles escaladent, rampent, transpirent, jurent, se mettent en danger en se faufilant dans des tunnels terriblement serrés et humides. Elles se balancent et se suspendent dans la douleur au-dessus de profonds gouffres dont on ne voit pas le fond. De véritables épreuves physiques manifestes à l'atmosphère suffocantes qui nous laisse à bout de souffle, plongeant les héroïnes dans une ultime paranoïa et nous avec.

La pression monte toujours plus jusqu'à ce que le réalisateur décide d'apporter encore plus de folie et de frénésie ultra violente avec d'affreux monstres mangeur d'hommes correspondant avec l'environnement austère et sauvage du décor. Éclate un véritable massacre dégoulinant de sang et d'asphyxie, où les affrontements se succèdent constamment laissant apparaître des mises à morts toujours plus brutaux et viscéraux. Un spectacle macabre répugnant et frénétique ne laissant place à aucun moment de répit. Les 6 femmes se livrent à une véritable lutte pour la survie où elles se transforment en véritables guerrières de mort. Sarah (Shauna Macdonald), Juno (Natalie Mendoza), Beth (Alex Reid) et le reste du casting sont très bons. Aucune interprétation en dessous, pour une écriture soignée dans la conception de celle-ci.

Techniquement il n'y a rien à jeter, rien n'est laissé au hasard. La mise en scène est excellente, livrant des prises de vues en contre-plongée efficace qui donne le vertige, dans une texture stylisée où le sang tient une place prépondérante. Marshall filme la grotte avec une noirceur absolue, lui conférant un côté corporel et afflictif magnifiquement illustré par une habile photographie. Les créatures sont très réussies, visqueuses et dégueulasses. La musique de David Julyan est une solide composition musicale atmosphérique en adéquation avec la descente aux enfers vécus par les 6 femmes. Une conception sonore troublante et pesante totalement réussie.

CONCLUSION :

The Descent est un savant mélange d’horreur et de frisson déroulant du gore bien crade sans concessions avec le spectateur. Neil Marshall nous plonge dans un huis-clos asphyxiant, un grand film d’horreur brillant et terrifiant qui maintient en haleine d’un bout à l’autre du récit. Inventif, ingénieux, efficace et insoutenable, on atteint avec ce titre des sommets horrifiques. Presque un chef-d'oeuvre du genre, seules quelques gratuités dans les jumps cares au début du récit viennent apporter un peu de négativité.

Une véritable référence cauchemardesque.

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