T’arrête pas Rama, t’attaque les balèzes

Avis sur The Raid

Avatar La-Li-Lu-Le-Lo
Critique publiée par le

Au rythme d’un tic-tac régulier et régulant un homme que l’on devine discipliné, une mécanique fine se met alors en route. Percutant son Wooden Dummy avec une cadence militaire, ce n’est pas une simple session d’entraînement mais un départ vers l’enfer qui s’organise. En laissant sa femme enceinte seule, l’homme fait la promesse de revenir. Mais ce voyage au coeur de l'enfer ne promet lui aucun retour, seulement une virée sanglante et barbare.

Partant d’une histoire aussi simple qu’efficace, le film de Gareth Evans entend pousser les limites du projet Merantau pour offrir à l’ancien livreur Iko Uwais, un rôle dans lequel il pourra déballer son potentiel et son talent pour le pencak-silat, cet art de combat qui a des allures de Wing Chun notamment dans son exécution des coups à faibles distances. Ne laissant filtrer que peu d’éléments de la trame, le début du film pose une base simple : aller dans une tour et capturer son chef. Quand le commando se fait repérer, il est décimé rapidement pour ne laisser que Rama et trois autres personnes. Commence alors une course conte la mort où le maitre mot est action.

Du tic tac qui enclenche le film au final, les musiques se font l'echo de la partition sanglante de Gareth Evans. Toujours en trame de fond on trouve une batterie, une guitare ou encore un relent de dubstep pour nous rappeler que le mot répit est bannis de cette tour maudite, que la machine qui s'est mise en route ne connait que la mort pour bouton d'arrêt. Les combats quant à eux s’illustrent deux aspects aussi antagonistes que nécessaire l’un à l’autre. D’une part, la violence outrancière dont fait preuve le film décoche à coup sur des réactions stupéfaites du public mais à y regarder de plus près on est plus encore ébahies par la rapidité d’exécutions de certaines scènes. Par exemple, celle où Rama tire la tête d’un homme pour l’empaler au sol sur les restants d’une porte. Jamais le film ne semble se poser de limite et quand un frigo sert de bombe/lance-flamme on pense toucher une certaine limite…mais rien n’arrête et n’arrêtera l’escalade jusqu’à ce combat final qui culmine à des hauteurs rares de violence et de beauté choragraphique. Car qu’on se le dise le néon du démon qui achève Mad Dog n’est que l’aboutissement d’un combat à trois qui frise la perfection en terme de technique et de realisation.

Il faut en effet reconnaitre au final un autre mérite que son coté action omniprésent, c’est bel et bien la technique de Gareth Evans. Dès les premières minutes, les plans s’enchainent en posant ses protagonistes comme ceux d’un tableau de maitre. Avec pour direction principale des mouvements de caméra lents qui offrent une bascule vers l’horreur ou vers des retournements de situations périlleux, le gallois use d’effets techniques qui ne font jamais dans l’esbroufe. Maitre de sa narration qui trouve ses rebondissements au beau milieu de combats titanesque, Evans prépare le terrain de manière habile pour mieux surprendre, pou mettre dos au mur Rama et pour nous clouer à notre siège.

The Raid est un pari osé qui se transforme en film d'action culte tant il parvient à repousser ses limites sans cesse pour offrir au spectateur un ballet aussi violent que brillamment mis en scène.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 636 fois
32 apprécient

La-Li-Lu-Le-Lo a ajouté ce film à 3 listes The Raid

Autres actions de La-Li-Lu-Le-Lo The Raid