"Quand vous entrez dans l'océan, vous entrez dans sa chaîne alimentaire, et pas forcément au sommet"

Avis sur The Reef

Avatar zombiraptor
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Il n'y a aucune alternative à Jaws dans le monde du film de requin. Aucune. Mais il y a The Reef qui n'est pas une alternative à Jaws mais un sympathique voisin, un petit film en plus, très différent, très inattendu et très étonnant parce que..

très bien foutu. Andrew Traucki, après son excellent Black Water fait quelque chose de totalement dément et impensable : Il réalise un film de requin sérieux et... réussi.
Réalisateur minimaliste de peu de moyen, ce manque, Traucki le comble à merveille avec une inventivité extraordinaire.
Rappelant Open Water dans son déroulement, The Reef ne conte pas la traque d'un requin mais un requin qui traque. On ne cherche pas un moyen de venir à bout de ce requin mais de lui en réchapper. Comme dans Open Water, le film se passe avec 50% de flotte dans l'objectif de la caméra, et comme dans Open Water on a des plongeurs qui barbotent l'oreille à l’affût du moindre clapotis non-identifié provenant du mur bleuté de la surface de l'eau. Sauf que là, Traucki met en scène la star ultime, le grand requin blanc, et l'effet est garanti. Sa caméra arrive à nous faire croire l'espace d'une seconde que les 4 plongeurs se font réellement renifler le cul par un grand blanc (absolument magnifique) rôdant placidement autour d'eux d'une manière étrangement "non-manichéenne", n'étant là que pour répondre à des besoins vitaux, les images du requin "réel" aidant à osciller entre film de terreur et superbe docu animalier sur le Roi des Mers. Et c'est en ça que ce film tire sa plus grande force, il est l'image d'une immense fascination naissant de la peur.

L'idée d'une diabolisation excessive du requin vient directement devant la simple affiche d'un tel film, mais c'est un peu dommage. Andrew Traucki n'a, à ce jour, que deux longs métrages à son actif, celui là et Black Water, son premier, parlant d'un croco tueur. Rien que cette appellation est conne. "Crocodile tueur" ou "requin tueur". Tueurs, ils le sont évidemment, ce sont des prédateurs et c'est une chaîne alimentaire, et si Traucki montre une grande obstination à les mettre en scène, c'est avant tout pour exprimer et éprouver sa fascination pour ces animaux, oeil amoureux qu'on ressent dans beaucoup de ses plans, même avant que le bleu marin ne passe au rouge carmin.
Non The Reef ne t'explique pas que les requins c'est méchant, il se contente de te montrer deux chaines alimentaires qui se rencontrent. L'interprétation qui suit elle, elle n'est qu'humaine.

(le titre est une citation du père Cousteau)

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