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Avis sur The Spectacular Now

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Hier matin, j’ai été voir le film « The Spectacular Now ».

Cette information n’est qu’un prétexte pour la suite de mon propos, mais si vraiment, vous attendiez un avis, je vous dirais ceci : À moins d’être un adolescent qui s’apprête à passer à l’âge adulte (et encore), n’allez pas voir ce film. C’est pas qu’il est nul, c’est qu’il est plat. Il ne fait de mal à personne, mais croyez-moi, ce n’est pas le genre de film que vous placerez plus tard dans le top 10 des longs métrages qui ont changé votre vie.

Alors pourquoi suis-je allé voir ce film ?

Tout simplement parce que comme un con, je me suis fait avoir par un argument marketing pourtant bien mensonger : la mention « Par les créateurs de [NOM D'UN AUTRE FILM QUI A EU DE BONNES CRITIQUES]« .

Dans le cas présent, The Spectacular Now est affublé d’un « Par les créateurs de (500) Jours Ensemble ». Et si vous me connaissez depuis plus de 6 mois, j’ai déjà dû vous gonfler avec ce film de Marc Webb, avec Joseph Gordon-Levitt et Zooey Deschanel. Et c’est justement parce que j’avais adoré ce film que j’ai bêtement dépensé de l’argent pour aller voir un autre qui n’était ni la suite, ni un spin-off, etc.

Cette pu*** de mention n’est pas là pour rassurer mais pour tromper les pauvres apprenti-cinéphiles dont je fais partie. En ajoutant « Par le producteur / Par le réalisateur / Par le scénariste / Par l’équipe technique », on profite de l’imaginaire d’un objet qu’on a apprécié précédement pour nous laisser penser qu’en allant voir leur nouveau bébé, on allait prolonger l’expérience ou revivre les mêmes choses mais de façon subtilement différente.
Et généralement, j’en ressors souvent déçu, parfois déconcerté, rarement enthousiaste.
En clair, il me faut toujours un leger temps après le film pour oublier qu’on me l’avait vendu comme un complément à un autre, pour le juger pour ce qu’il fait : un film à part entière avant tout.

Parce que j’avais vu Juno, j’ai été voir In The Air (Par le réalisateur de…).
Parce que j’avais vu Matrix, j’ai été voir V pour Vendetta (Par les créateurs de…).
Parce que j’avais vu Ong-Bak, j’ai été voir Born To Fight (Par l’équipe de cascade de…).
Et parce que j’avais vu Drive, j’avais aucune envie de voir Only God Forgives (Par le duo incompréhensible de…).

Mais ça veut dire quoi exactement « Par Machin » ?
Est-ce que c’est cette personne qui réalise le film ?

C’est peut-être une question conne, mais j’ai vraiment du mal à comprendre de quoi on me parle. Par exemple, si on dit qu’un film est fait « par le scénariste de », est-ce que ça veut dire que désormais, il est derrière la caméra, ou est-ce qu’il n’est toujours que scénariste, mais que cette fois-ci, on considère que c’est son oeuvre personnelle (et que si ça foire, c’est entièrement de sa faute) ?

Je vous le dis depuis le début, cette petite information sur une jolie affiche fout le bordel dans ma tête.

Mais en même temps, parfois, il n’y a même pas besoin de rajouter ce petit texte pour qu’on se jette dessus sans trop reflechir.

Par exemple, j’ai souvent dénoncé l’hypocrisie de la presse française face aux oeuvres d’Hayao Miyazaki (« Mon Voisin Totoro », « Princesse Mononoké », « Le Voyage de Chihiro », et j’en passe). Le monsieur étant considéré comme un grand maître avec un discours de sage, il doit exister un programme pour pondre une critique élogieuse sur chacun de ses films sans même avoir eu besoin de le voir. Alors que bon, au-delà de l’aspect graphique et de la poésie qui s’en dégage, il arrive parfois qu’on s’emmerde un peu devant les productions de la tête pensante des studios Ghibli.

On pourrait alors me retorquer que je suis de mauvaise foi parce que je vais voir tous les films de Tarantino justement parce qu’il s’agit de films de Tarantino, mais désolé, ça ne m’empêche pas d’être critique (esprit… esprit critique… ah ah ah…) et de ne pas avoir aimé Jackie Brown à sa sortie parce que justement, on me l’avait presenté comme un Pulp Fiction 2.

Et quand ce n’est pas le réalisateur qui fait le lien, voire un acteur (Le nouveau film avec Fabrice Luchini qui fait Fabrice Luchini, ça vous parle ?), c’est parfois carrément le studio.

Je me souviens d’avoir pesté devant la bande-annonce d’un film des studios d’animation Pixar, parce qu’il était mis en avant par sa filiation fictive avec « Toy Story » et « Le Monde de Némo », mais en passant sous silence « Les Indestructibles » (qui, à ce jour, reste le meilleur film qu’ils ont pu faire. Ne cherchez pas à me contredire. Fin de la discussion.)

Bref, tout ça pour dire que je suis faible.
Je suis le premier à faire le malin quand je déjoue une tentative de spam m’invitant à cliquer sur tel bouton pour gagner de l’argent (en n’oubliant pas de renseigner mon identifiant facebook et mon mot de passe), mais je suis trop aveugle pour ne pas me laisser berner par le staff de communication du distributeur d’un film.

Mais si.
Vous savez.
Eux.
Ceux qui vous font comprendre qu’une affiche à fond jaune est un film indépendant qui a été diffusé au festival de Sundance et que c’est donc forcément un film génial.
Sauf Kill-Bill.
Mais c’est un Tarantino.
Alors c’est bien quand même.
Ne cherchez pas à me contredire.
Fin de la discussion.

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