Le Body Horror show

Avis sur Titane

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Un projet filmique qui risque de choquer un public dans une ambiance unique où règne une dimension non conforme de la société, je crois que on est bien dans un spectacle ou l'arroseur deviendra l'arroser. Après une découverte à couper le souffle en 2017 de l’excellent long métrage Grave qui étais pour moi une très bonne expérience à une époque ou le cinéma français m’ennuyer au plus haut point et savoir qu’un nouveau projet toujours plus loin et profond étais en date m’as réjouie de A à Z. Comme beaucoup je pense, j’ai découvert la réalisatrice Julia Ducournau avec son chef-d’œuvre Grave et depuis je suis avec passion les nouveaux génies du cinéma de genre français avec enthousiasme et depuis peu de projets m’ont relativement déçu. En ce grand jour de 14 juillet, le nouveau projet en date de madame Ducournau sort dans nos belles salles noires avec le mystérieux Titane qui heureusement n’a laissé que très peu d’informations à son sujet et c’est avec joie que je découvre cette dernière pépite aujourd’hui même en salle.

Grave n’était que le début d’un engrenage qui continue son petit chemin avec l’arrivée de sa grande sœur qui ne fait pas dans la demi-mesure. Un film puissant, macabre qui s’élance dans le digne Slasher qui s’entoure de cet univers sanglant dans lequel la rue n’est qu’autre qu’un terrain de combat extrêmement sanguinaire. Les premières minutes, montre clairement un enjeu d’images brutaux et sexuelles de l’excellente Agathe Rousselle à mettre très loin des personnes sensibles au cœur trop délicat à la vue de couleurs représentant la tentation du diable. Ces images ne sont qu’une partie éphémère du métrage qui nous propulse bien plus loin qu’un enchaînement de meurtres en série en proposant une structure bien plus complexe et féministe. On sort clairement des premières images choquant en entrant dans un système qui bascule dans quelque chose que l’on peut juger de plus viscéral en soi. Ici vient alors la véritable commission du film en imposant une esthétique élégante et impénétrable dans de nombreux jeux de corps à l’allure humanoïde reflétant la beauté de l’être humain sous toutes ses formes. Une recherche sur la passion interdite et cette exploitation de l’inconnu immerge l’ensemble des spectateurs dans un espace où s’entremêlent les hommes et les femmes. Vincent Lindon en est la clé en question et outre son personnage imposant le patriarcat sous le signe de la force brutale et dominante, il se laisse doucement explorer par l’inconnu qui détruit progressivement la question de la domination des hommes envers le sexe féminin pour une harmonie d’équilibre en eux. On y voit clairement un message voulant détruire à jamais le mâle surplombant la chaîne en question et voulant inscrire un nouveau chapitre. Les hommes, comme les femmes ont ici les mêmes droits et on souhaite abattre les nombreuses injures qui hantent les deux communes en questions avec tous ses prérequis sociaux qui vivent depuis bien trop longtemps.

N’oublions pas l’esthétique de la photographie qui enrichit de plus belle les nombreuses séquences filmiques de hautes tensions qui suivent une colorimétrie à couper le souffle et qui permet d’adopter l’harmonie artistique exceptionnelle que nous expose en pleine face par le génie Ruben Impens.

Les jeux d’acteurs qui accompagnent la beauté de l’art nous fascinent avec un jeu de corps sensationnel qui touche les émotions de chacun en y important une touche indescriptible, mais transcendant pour chacun de nos sens. En soi, une fascination pour l’étrangeté qui se conclut dans une révélation pour le corps humain et sa psychologie.

Il n’est en soi qu’une prémisse de la longue série qui s’annonce apocalyptique, mais jouissive pour une partie des fanatiques du genre. Un projet de longue haleine qui se finit en coupe de champagne en jouant avec les émotions de tous et imposant son atmosphère mélangeant de nombreux genres comme le mouvement horrifique, proche du gore extrême en passant par des classiques du cinéma comme Alien premier du nom de Rdiley Scott ou encore Crash de David Cronenberg. Un long métrage qui ose dans sa structure, comme dans son esthétique et qui ne bronche en rien devant les concurrents.

Après Grave, Julia Ducournau explose le cinéma de genre et propose une fois de plus, sa propre vision du 7e art en cassant de nombreuses règles et montrant son grand génie de réalisatrice qui aujourd’hui n’est plus à confirmer. Un film à voir en salles pour une expérience unique, qui laissera sans doute peu de personnalité intacte.

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