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De plus en plus délaissé par Bonnie, Woody se trouve une autre mission pour continuer à être utile : veiller sur Fourchette, un jouet créé de toutes pièces par Bonnie à partir d’une fourchette en plastique, et qui, convaincu qu’il n’est qu’un déchet, ne cherche qu’à se jeter à la poubelle. A l’occasion d’un voyage en camping-car, Fourchette parvient à se jeter par la fenêtre, suivi par Woody qui cherche à le ramener à sa propriétaire. Le retour au foyer ne va pas être de tout repos pour les deux jouets…

Après la sublime conclusion de Toy Story 3, une des plus grandes scènes que les studios Pixar ne nous aient jamais offertes, il était extrêmement risqué d’ajouter à une trilogie parfaitement rôdée un épisode qui avait tout de l’épisode de trop, une impression aggravée par les problèmes de production dudit film et notamment les départs de sa scénariste principale Rashida Jones puis de son producteur (qui plus est créateur de la saga et du studio) John Lasseter. C’était sans compter sur le génie des studios Pixar, jamais démenti, qui joue encore ici, et plus que d’habitude.

Premier long-métrage du réalisateur Josh Cooley, Toy Story 4 est le film de toutes les surprises. La plus grande de ces surprises est sans nul doute de voir à quel point le film s’insère aussi parfaitement dans la saga tout en en bouleversant profondément les codes. Dès la scène d’introduction, Toy Story 4 nous fait du grand Toy Story au travers d’une scène de sauvetage géniale qui, comme d’habitude, exploite à merveille les potentialités de tous les différents jouets dans une séquence aussi drôle que tendue. Mais plus que cela, Toy Story 4 annonce tous ses enjeux dès ses prémices : en s’intéressant à un jouet oublié du volet précédent, la bergère Bo Peep, le film recentre son récit sur la séparation, le lien d’un jouet à son propriétaire, ainsi que la différence entre les jouets et le statut de chacun d’entre eux.
C’est d’ailleurs avant tout ce statut qui occupe le cœur du film, au travers d’un nouveau personnage particulièrement bon : Fourchette. Ce dernier arrive à point nommé pour questionner l’essence même du jouet, son rapport à l’enfant, et ce qui fait de lui un jouet. Ce sont ces questions qui, d’abord appliquées à Fourchette, vont, au gré du récit, s’appliquer aux différents jouets que l’on connaît, et bien évidemment, particulièrement Woody et Bo Peep.

De fait, et c’est à la fois une des limites et une des forces du film, Toy Story 4 ne s’intéresse pleinement qu’à trois personnages, ce qui signifie que tous les jouets que l’on connaît passent au second plan, voire sont quasiment inexistants (la présence de M. Patate, Rex, Bayonne, Zig-Zag et des autres ne se réduit pour ainsi dire qu’à des caméos de luxe) : cela tient au fait, somme toute très acceptable, que, Toy Story 4 ne cherchant nullement à annuler l’effet de Toy Story 3, le film de Lee Unkrich garde son statut de conclusion générale pour tous les jouets, tandis que celui de Josh Cooley fait figure de conclusion personnelle, pour le personnage principal qui a si bien porté la saga.
Ainsi, si Buzz est bel et bien présent mais ne connaît aucune évolution majeure, sans se réduire non plus au rôle de l'inutile sidekick comme on aurait pu le craindre, Woody et Bo Peep, en revanche, suivent tous deux un parcours particulièrement riche, voyage initiatique d’une puissance à laquelle seul Pixar peut prétendre.
Le troisième personnage, sinon principal, tout au moins essentiel est nouveau : il s’agit de la poupée Gabby Gabby, qui s’avère une des plus grandes réussites du film. Jouet brisé au sens propre comme au littéral, elle permet de nous intéresser à nouveau à ces jouets abandonnés comme Lotso dans Toy Story 3 mais avec un point de vue renouvelé. Son évolution est une des plus belles surprises du film, tant elle permet d’introduire des thèmes de réflexion profonds, poursuivant ceux entamés dans les précédents volets en les poussant toujours plus loin.

Moins profonds, les autres nouveaux personnages apportent leur lot de trouvailles avec eux, et fournissent au film une densité qui étonne, même venant de la part de Pixar. Brisant toute crainte issue des bandes-annonces, les peluches Ducky et Bunny, dans leur lourdeur voulue, sont franchement drôles et n’envahissent jamais le film. Avec Buzz, ils nous offrent d’ailleurs la scène peut-être la plus craquante de toute la saga, c’est dire ! Quant à Duke Caboom, ce dernier, doté d’un joli background, se révèle également un atout hilarant au film, son accent québécois justifiant d’ailleurs à lui seul de voir le film en VF.
Grâce à ces nouveaux personnages, Toy Story 4 éblouit et se montre à la fois un des films les plus drôles et les plus efficaces de la saga. De fait, si l’on pourrait sans doute trouver quelques imperfections au film, celles-ci sont merveilleusement comblées par le rythme effréné qui s’en dégage. Tout allant à 200 à l’heure, on peut dire que le spectacle est total de la première à la dernière minute. Jamais une seconde d’ennui ne vient se glisser dans des péripéties où l’hilarité règne en maîtresse, sans jamais exclure pour autant la tension voire l’émotion.
Malheureusement, si Toy Story 4 se trouve en-deçà de son prédécesseur, c’est sans nul doute à cause de cette dernière : si l’émotion est bel et bien dans quelques scènes très jolies, le rythme du film est tel qu’il empêche le scénario de s’y étendre comme il aurait dû, et l’émotion a à peine le temps de poindre que déjà, on est passé à la scène suivante. Les larmes ne seront donc pas cette fois-ci de la partie, ce qui n’entrave nullement la profondeur typique de la double-lecture pixarienne.

Quoiqu’il en soit, on se laisse volontiers emporter par la bande-originale pleine de nostalgie du toujours génial Randy Newman, et par la beauté visuelle d’un film qu’on n’aura jamais fini de célébrer, tant chaque image se révèle une œuvre d’art à part entière (les nouveaux décors de la fête foraine et de la boutique d'antiquités sont parfaitement exploités), pour goûter cette aventure finale d’une trilogie qui joua les prolongations pour notre plus grand plaisir… et notre plus grande surprise.

Tonto
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