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Transformers : The Last Knight

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Il y a 10 ans Transformers était de ces films SF permettant aux amateurs de se satisfaire, apportant un souffle de renouveau.
Des effets spéciaux appréciables, des images de synthèse réussies et un rythme effréné bien jouissif pour quelques moments de bravoure et des personnages bien introduits. Avec les clichés inhérents au genre, le premier volet se suivait avec plaisir et s’adressait à un large public.
Tout comme les X-men, cette franchise fait partie de mes grands plaisirs de cinéma décomplexés mais comme pour nos mutants, la lassitude gagne même si je surnote toujours, force est de constater que ce dernier opus en date est une grosse déception.

Même si ce n’est pas le propre de cette franchise de nous réveiller à des pensées hautement intellectuelles, Michael Bay se repose sur ses acquis et loupe le coche de ce 5ème volet voulant apparemment en faire trop. En créateur déjà suffisamment productif dans ses délires il propose ici un melting pot d’intrigues, de situations incohérentes, de personnages oubliés ou peu approfondis, mais n’en oubliant pas sa mise en scène électrique mais épuisante et un montage brouillon.
Le cinéaste a tendance à privilégier l'action au scénario, j'avais pourtant apprécié No pain no gain mais je ne m'étais pas laissée avoir par 13 heures. Ses grosses fautes de goût habituelles, son patriotisme exacerbé sont ici appuyés par une misogynie affligeante, des dialogues plats et un humour absent.

Plus rien ne subsiste malheureusement de l’attrait que nous avait offert l'affrontement entre le bien et le mal, mettant les grandes villes en décor de batailles survoltées…
Le dynamisme des transformations et les belles séquences de courses poursuites, pour un scénario léger mais lisible et bien sûr et surtout nos héros d’acier qui avaient toute la place à l’écran. On était de tout cœur avec ces extraterrestres dotés d'humanisme et d'intelligence, venus prêter main forte à une Terre en danger… Quelques dialogues pas toujours fins, quelques personnages excessifs mais l’action permettait de profiter de la maîtrise du metteur en scène et de se détendre sans trop se poser de questions.

La lutte pour la sauvegarde de l’univers et le conflit entre Autobots et Decepticons, se poursuivra d’épisodes en épisodes, mais se perdra dans une multitude d’explications diverses et variées. Nous savions déjà que nos Transformers étaient sur terre depuis très longtemps et servaient à décliner les différentes intrigues, au risque de nous perdre pour essayer de pimenter le tout. On changera le personnage principal joué par Shia LaBeouf à partir de l’épisode 4 par un Mark Walberg, en inventeur raté, qui à l’inverse de Sam Witwicky qui dotait l’ensemble d’une certaine vivacité, est un peu lourdaud.

Dans ce dernier opus, la légende Arthurienne est à l’honneur...Une introduction mythologique, les chevaliers de la table ronde, des Transformers jouant de l’épée et un Merlin alcoolique qui plus est, servi par Stanley Tucci qui a bien du mal avec un humour qui inquiète dès l’introduction. Merlin aurait eu par le passé des liens avec les Transformers, et aurait hérité d’un bâton magique propre à sauver l’humanité. Mais c’est sans compter une nouvelle venue, la déesse de Cybertron qui veut conquérir la terre et se servira de notre Optimus Prime préféré, pour arriver à ses fins, et d’un Lord anglais mystérieux qui veille au grain, à la recherche du baton, de la descendance de Merlin et du dernier chevalier…

Une intrigue multiple qui s’embrouille, délaisse les enjeux, certes peu convaincants des précédents opus, et nos Autobots qui contribuaient largement au charme, ne sont qu’une masse informe de robots agaçants, où la palme reviendra à cet espèce de samouraï, pénible et bavard, à la botte d’un Antony Hopkins, qui vient remplacer l'image de marque des Malkovitch et autre Patrick Dempsey et qui s’enfonce de plus en plus dans des projets décevants…John Turturro personnage apprécié, décalé et parano, n’aura qu’une scène accessoire de quelques secondes. Une gamine perdue pour vanter encore une fois les joies de la famille. Josh Duhamel en figurant. Mark Walberg qui prend soins des Transformers restés sur terre, et pour l’inévitable romance, une sorte de clone de Megan Fox, nouvelle héroïne sexy qui devra sauver le monde, en talons aiguilles et robe serrée, avant de se rendre compte qu’un pantalon ça peut aussi aider.

Les dialogues incessants venant saper les scènes d’action ou encore ceux entre robots n'en finissent pas de lasser. Les grandes envolées héroïques sont réduites à une multitude de scènes d’actions illisibles, filmées bien trop rapidement ne nous permettant pas de savourer le savant mélange entre décors naturels et effets spéciaux. On peut encore apprécier la maîtrise pour filmer nos combatifs robots les rendant toujours impressionnants avec des mouvements bien rendus, mais leur statut de figurant ne peut définitivement satisfaire.

Mais on imagine bien que l'univers Transformers, n’en a pas encore finit avec nous

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