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Troie par Broyax

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Parfois -et ce n'est pas tous les jours- Hollywood sait étaler sa magnificence et jeter ses dizaines de millions de dollars à l'écran pour nous abreuver d'un beau et grand spectacle et -enfin !- utiliser ses stars à bon escient : profitez, car cela n'arrive que rarement !

Naurellement pour ce faire, la grosse machine américaine a besoin d'aide en la personne d'un certain Homère, père fondateur des psychodrames les plus épiques ayant jamais eu lieu. Je ne me souviens pas trop de ses pavés mais l'adaptation et l'assimilation hollywoodienne semblent avoir été digérées plus ou moins correctement, du moins dans les grandes lignes et jusqu'à ce fameux canasson ou ce non moins fameux talon.

Heureusement, tout de même, Wolfgang Petersen est à la barre et à la hauteur de ce projet faramineux, grandiose et imposant : il fourbit toute la puissance d'Hollywood et nous régale de batailles (homériques) avec l'aide judicieuse mais discrète d'effets numériques. Des figurants en nombre, des décors somptueux, des costumes splendides mais aussi un filmage adéquat et soigné à propos duquel nous aurions aimé beaucoup plus de ralentis et de travellings et moins de coupes et de zooms. Mais ne chipotons pas, Troie figure sans peine dans le haut, très haut du panier et permet d'apprécier chaque bifeton dépensé grâce à ses nombreux plans majestueux.

Les stars sont là ! on a un peu de tout en fait avec par exemple le monstre sacré Peter O'Toole, très beau vieillard dont le charisme irradie de toutes parts, son alter ego féminin Julie Christie, le second couteau Brian Cox particulièrement à l'aise ici ou l'estimable Eric Bana, acteur souvent sous-estimé mais d'une remarquable sobriété.

Certes, certains choix sont discutables et pourtant parfaitement utilisés : Diane Kruger dont la beauté rayonne, une belle plante en pot sans autre intérêt que sa jolie peau et son regard bleu mais on ne lui en demande pas plus, sinon elle commencerait à nous énerver.

Dans le même ordre d'idées, Orlando Bloom est un petit con mollasson mais dans le rôle de Pâris le paillasson, on en demandait pas plus. Quant à la jeunette Rose Byrne, qui n'est pas la fille de Gabriel Byrne soit dit en passant, elle se défend plus qu'honorablement. Signalons pour l'anecdote que le fidèle et si sympathique Sean Bean est de la fête et... qu'il ne meurt pas au début, ni au milieu ni à la fin du film !

Enfin, Brad Pitre aurait pu nuire considérablement au film et il tente bien de lui nuire -c'est dans sa nature de nuire aux films, cet acteur étant une nuisance- mais on lui a donné le rôle d'un connard, ce qui lui va comme un gant.

La musique de James Horner accompagne avec justesse ces fastes sans en faire trop mais en en faisant suffisamment et ceci fait, nous n'avons pas à nous en plaindre, bien au contraire.

Voilà donc une belle adaptation de l'Iliade où tout un chacun trouve tant bien que mal sa place mais qui tourne assurément sans faillir ni défaillir. On aurait pu avoir une sorte de "300" à la place dont le baroque délirant a d'autres qualités, ici on a somme toute du classique bien ficelé qui fait oublier les vieilles péplumeries des années 50 !

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