The game has changed, son of Flynn

Avis sur Tron : L'Héritage

Avatar Wykydtron IV
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Je m'en foutais un peu quand c'est sorti, parce que j'avais pas vu Tron. Mais je me suis dit que quand je verrai ce dernier, je serai sûrement intéresé. Cette suite suintait la coolitude basée sur une débauche de CGI à couper le souffle.
J'ai vu Tron l'an dernier. J'ai pas enchaîné de suite, étant donné le mal qu'on dit sur Tron Legacy. J'ai néanmoins vu, je ne sais plus pourquoi ni comment, un clip de Daft punk provenant de la BO. Le titre était "Derezzed", superbe. C'est en y repensant que j'ai été motivé pour voir le film.

On a le logo Disney version Tron, c'est rigolo.
Après ça, on débute par une superbe idée pour figurer juste visuellement le passage du film original à cette suite moderne qui présente un monde virtuel concrétisé par des FX beaucoup plus complexes : on voit deux lignes bleues être tracées sur une grille, on les croit à plat, jusqu'à ce qu'elle se rapprochent de nous, faisant apparaître une 3ème dimension (en plus je crois que le film a été projeté en 3D, c'est encore plus malin).
Je n'ai pas trouvé par la suite grand chose d'aussi malin dans la mise en scène.
On nous rappelle l'univers de Tron partout dans l'entreprise de Flynn, dans l'univers réel, par l'éclairage des escaliers, des écrans de vidéosurveillance, par la lumière sous la table de conférence, ... le réalisateur a visiblement choisi de favoriser une idée à la logique. C'est pareil pour ces hommages au premier film avec la disposition de posters et de figurines dans la chambre de Sam, que l'on fait passer pour des objets dérivés du jeu... allez savoir pourquoi on se retrouve avec l'affiche du premier film pour un jeu d'arcade qui, dans Tron legacy, consiste simplement à imiter le combat de lightcycles.

J'ai vu Tron qu'une seule fois, je n'ai pas grandi avec, et je me suis vite aperçu que je ne me souvenais plus bien des personnages (Clu et Tron), heureusement en fait qu'il y a une sorte de récapitulatif dissimulé au début de cette suite.
Du coup, forcément, je n'ai pas le même attachement au film original que beaucoup de gens. J'imagine que certains ont dû frémir en revoyant le "Flynn's arcade", et ce que c'est devenu. C'est sympa l'idée de simuler un retour aux 80's, justifié par ce qui se passe, étant donné que Sam Flynn arrive à la salle d'arcades et remet les circuits en marche, ce qui lance une chanson très inscrite dans son époque sur le jukebox, enclenche les sons et lumières des bornes de jeux-vidéos, dissimulées sous des bâches en plastique transparent qui volètent avec les déplacements, comme des fantômes du passé.
Il y a des moments où la modernisation d'éléments du premier film est sympa, c'est le cas avec le transfert de Sam dans l'ordinateur. Le reste du temps, par contre...
Le fait que je ne sois pas aussi attaché au premier film veut aussi dire que je ne me révolte pas autant que les fans, que j'imagine avoir bien des raisons de ne pas être contents, ayant moi-même pu constater des incohérences terribles pas seulement par rapport au premier film, mais par rapport au fait que l'action est censée se situer au milieu des circuits d'un ordinateur.

C'est n'importe quoi qu'il y ait une réplique exacte de la salle d'arcade de Flynn dans le monde virtuel, alors que tous les autres bâtiments ne sont que d'immenses monolithes noirs sans signes distinctifs.
Un des problèmes est aussi qu'à la première rencontre entre l'intérieur de l'ordi et Sam, le monde où il se retrouve ressemble bien trop à la réalité, c'est une simple copie de notre monde, avec ses immeubles, ses rues, même ses passages piétons ! C'est absurde.
On ne fait même plus la distinction avec l'appartement de Kevin, qui ressemble à un appart design comme on pourrait en trouver dans la réalité.
Les différences tiennent à des détails : un sol quadrillé, des personnages avec des visages abîmés de façon pixellisée, ... mais de mon point de vue, ça relève juste du petit détail pour faire genre il y a une touche de monde numérique. Le réalisateur a parfois recours à des procédés bien trop simples, comme faire que des personnages ont une voix robotique...
Le monde virtuel présenté dans Tron legacy n'a aucun sens.
Pourquoi est-ce que Kevin est devenu un jedi encapuchonné avec des superpouvoirs ? Et que vient foutre là ce simili-sabre-laser ?
Pourquoi est-ce que des programmes auraient besoin d'armes, de boîtes de nuit ? Pourquoi il y a de la pluie, des nuages, une mer, des SDF ?!
Une preuve que l'équipe derrière Tron legacy n'a pas bien saisi le concept du film original, c'est qu'on n'a plus ces angles droits avec les lightcycles ; rien que dans ça, il y avait l'idée qu'on était dans un monde d'ordinateur et de jeux vidéos. On ne retrouve l'impression d'un jeu-vidéo que lorsque les FX ont des ratés : quand on sent trop la démultiplication d'un même personnage pour créer une foule, ou quand on voit la version jeune de Jeff Bridges. Avant de voir le film, j'avais lu une critique évoquant un double numérique de l'acteur, je ne comprenais pas. Puis j'ai compris, en le voyant. Si je ne l'avais pas su, j'aurais senti un truc bizarre, sans pouvoir dire au début d'où ça venait.

Les personnages n'ont pas bien plus de logique que leur univers ; pourquoi un programme préfère-t-il s'effacer tout seul en se faisant happer par une hélice plutôt que de participer aux jeux ? Pourquoi ce n'est que maintenant, après 20 ans à chercher Kevin Flynn, que Clu trouve son repaire, juste au moment où Sam Flynn arrive (résultat d'un plan de Clu, justement) ? Pourquoi est-ce que les hommes de Clu tuent tout le monde, mais quand ils se trouvent face à Qorra, ils l'épargnent ou ne font que la blesser ?
Les premiers méchants dans Tron legacy, ce sont les nouveaux dirigeants de la compagnie de Flynn, qui vendent leurs softwares au lieu de les distribuer gratuitement ! Ouh les vilains ! Et en plus ils blaguent en disant que les changements apportés, c'est qu'il y a un nouveau chiffre sur la boîte du produit ! Eh ouais, c'est comme ça que ça se passe, évidemment.
Heureusement d'ici la fin du film, Sam reprend le contrôle de la compagnie, juste parce qu'il en a envie. Eh oui, c'est aussi simple que ça.
Dans l'univers virtuel, il y a un gentil devenu un méchant caricatural qui se complaît dans des actes de cruauté. J'y crois pas.

Malgré les défauts flagrants du film, il y a des éléments auxquels je savais que je ne pourrais résister.
Premièrement, c'est de suite grisant d'entendre Daft punk. Le fait que je ne veuille pas couper un de leurs morceaux en plein milieu était une raison pour laquelle je me retenais d'appuyer sur pause pour faire autre chose.
Deuxièmement, je n'ai pu qu'apprécier la coolitude de l'environnement, des costumes pleins de détails, des vaisseaux, des effets spéciaux, et même des ralentis.
En tant que film d'action, Tron legacy est bon. La version moderne et plus intense du combat de disques est captivante, pareil pour les diverses poursuites.
Mais en un sens, tous ces détails, et même la qualité d'image de ce film tout récent, font que j'y croyais moins, à cet univers, qui gagnait à être abstrait dans Tron. Il m'apparaît que dans ce dernier il y avait une certaine logique, peut-être involontaire, au-delà des limites des effets spéciaux de l'époque.

En bref : Tron legacy a beau avoir des visuels de folie, que ça peut être bête parfois...
Et Olivia Wilde a de beaux yeux.

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