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It's all in the wrist

Avis sur Tron : L'Héritage

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1982, Tron sort en salle, il sera un énième échec commercial pour Disney. Quatre ans plus tard, un certain Loyd Blankenship généralement connu sous le nom du Mentor publia Le manifeste du Hacker . L'informatique et les technologies en général étaient dans toutes les têtes, faisant germer de nombreuses visions d'anticipation. Tron, avant-gardiste et pourvu d'un scénario simpliste (Kevin Flynn veut prouver qu'Ed Dillinger lui a volé ses travaux), imaginait des programmes dotés d'une conscience et capable de réflexion. Boudé à l'époque, Tron est désormais considéré comme un film culte par le public, Disney l'a bien compris et c'est ainsi que naît sa suite, Tron : L'héritage.

Disney, conscient que tout le monde n'a pas vu Tron, fait un résumé des trois décennies qui se sont écoulées entre les faits narrés dans le premier et ceux du deuxième. En fait, pas tout à fait, il nous place sept ans après les évènements du MCP (à priori), avant cela, Kevin est allé plusieurs fois dans Tron, avec la volonté de bâtir un monde parfait qui pourrait servir d'exemple à l'humanité toute entière. Mais sa recherche de la perfection a fait basculer Clu du mauvais côté. C'est en 1989 que Kevin Flynn se retrouve enfermé dans ce monde virtuel, laissant derrière lui son fils.

Dans Tron Legacy, c'est au tour de Sam Flynn (Garrett Hedlund), le fiston qui a maintenant 27 ans, de pénétrer l'univers de Tron et d'y retrouver son père (toujours joué par Jeff Bridges). Le film est en 3D uniquement à l'intérieur de Tron, ce monde virtuel devient alors plus réel que notre vrai monde. Legacy va régulièrement faire appel à de tels paradoxes dont notamment celui de la perfection que nous voudrions voir mais que nous ne pouvons atteindre. Couplé avec le duo père/fils et leurs petits problèmes, ce côté moralisateur n'est pas des plus marquants. À l'inverse, Disney n'a pas eu peur de reprendre des concepts instaurés par le Mentor dont je vous parlais en début d'article, n'hésitant pas à traiter la libre circulation et du libre accès à l'information et la connaissance. Une vision sommaire mais le message n'en reste pas moins fort.

C'est dans le personnage de Quorra (Olivia Wilde), que Legacy est l'héritage de Tron 1982. Elle incarne un programme qui voudrait s'humaniser. Il est amusant de voir toute la difficulté qu'elle éprouve à paraître humaine, elle érige son comportement sur des scripts, elle rit au mauvais moment, elle est froide face à la mort et ne fait jamais preuve de culpabilité. Elle reste un programme proche du MCP, avec une simple soif de connaissance, sans le côté destructeur. C'est au contact du père et du fils qu'elle va réussir à s'humaniser.

Tron : L'héritage réussit sur le plan technique aussi bien que son aîné, la 3D n'a en outre pas qu'une simple valeur esthétique, elle sert à renforcer certains aspects du film. L'action est présente au travers des parties de disque et les inévitables courses de moto, d'autres scènes sont plutôt ennuyeuses mais sont plutôt rares. Legacy est cependant en manque d'inspiration et vient repomper le profil du mérovingien dans Matrix, c'est loin d'être le meilleur passage du film, aussi bien dans Matrix que dans Tron. Ici, cela décrédibilise toute la démarche de Clu, il faut alors faire jouer notre imagination pour donner une raison à l'existence d'un personnage comme le Castor.

Toute la mise en scène est emportée par une bande son signée Daft Punk, si elle est un bel hommage à Tron 1982, elle a le défaut d'être omniprésente et donner l'impression d'un clip de deux heures. Un clip néanmoins réussi. L'héritier Tron s'en sort bien, accumule les clins d'œil (It's all in the wrist), offre un monde agréable à observer et propose un scénario finalement plus intéressant que le premier. Dommage que le traitement des idées ne se fassent qu'en surface et que certains détails pertinents du premier soient passés à la trappe comme la luminosité des combinaisons qui dépend des sentiments du personnage (colère, frustration, stress, amour...).

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