"Under the Silver Lake" : Un objet cinéphilique vertigineux

Avis sur Under the Silver Lake

Avatar Gaël Delachapelle
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La critique complète : http://cinecinephile.com/under-the-silver-lake-realise-par-david-robert-mitchell-sortie-de-seance-cinema/

Après It Follows, véritable claque horrifique à la mise en scène virtuose qui nous rappelait le Shining de Stanley Kubrick, le cinéaste David Robert Mitchell quitte sa petite zone de confort qu’est l’horreur pour le film néo-noir avec Under the Silver Lake. Film présenté en compétition au dernier Festival de Cannes, ainsi qu’au Fantasia International Film Festival. Le troisième film du cinéaste suit l’histoire de Sam (interprété par l’acteur Andrew Garfield), un jeune cinéphile sans emploi qui rencontre une jeune voisine mystérieuse. Lorsque que le jeune homme cherche à la retrouver, elle disparaît. Ce dernier se lance dans une quête obsessionnelle parsemée de codes et de messages secrets cachés derrière des objets de la pop culture dans le paysage d’Hollywood.

Dès l’ouverture de Under the Silver Lake, on retrouve dans la mise en scène du cinéaste les gimmicks qui faisaient l’identité de son précédent film. Notamment ces lents mouvements panoramiques qui distillaient l’angoisse dans It Follows. Des gimmicks de cinéaste référencés dont l’esthétique néo-noire de ce troisième film penche vers le thriller hitchcockien, le cinéaste citant Fenêtre sur Cour dès les premières minutes lorsque le personnage d’Andrew Garfield espionne ses voisins dans un motel avec des jumelles. La première demi-heure d’Under the Silver Lake s’illustre comme un jeu de devinettes des références hitchcockiennes qui laisse présager un film de fan, piège dans lequel on craint, pendant un instant, de voir tomber le jeune cinéaste. Mais David Robert Mitchell s’approprie très vite les codes du film néo-noir et du thriller hitchcockien pour emmener le spectateur dans un jeu de pistes intelligemment écrit et parfaitement bien huilé pour se perdre volontairement à travers ces jeux de codes, de messages secrets et de légendes urbaines issus de la pop culture (les messages secrets cachés dans des chansons que l’on lit à l’envers, etc.). Un tout rappelant le vertige du Mulholland Drive de David Lynch dont le spectre n’est jamais loin à travers le décor de la cité des anges.

[...] Under the Silver Lake prend par moment la forme d’un objet filmique qui pourrait être voué à être érigé comme un hommage à la pop-culture. La grande réussite du film réside dans son labyrinthe de codes et de messages secrets qui donne au long-métrage la forme d’un objet cinéphilique fascinant de bout en bout, critiquant la pop-culture moderne autant qu’il s’amuse à la référencer pour mieux la détourner avec une maitrise de mise en scène qui emprunte par moment à la virtuosité horrifique et malaisante de son It Follows. Under the Silver Lake est un pur objet filmique, un hommage cinéphilique et un portrait déroutant de notre pop-culture qui divisera assurément son public, confirmant le talent et l’identité propre de son cinéaste.

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