"La cité des anges déchus !"

Avis sur Under the Silver Lake

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Après le déroutant et dérangeant «It Follows» et sa jeunesse dépravée en proie à une malédiction sexuelle hantant les environs de Detroit, le réalisateur David Robert Mitchell revient avec «Under The Silver Lake», et cette fois-ci, ce sont les rues de Los Angeles qui deviennent le décorum d’un bien étrange film. Sam (excellentissime Andrew Garfield) est un jeune homme tranquille se laissant aller à une existence plus que paisible, rien ne semble le perturber, pas même les avis d’expulsion de son propriétaire (Sam est un peu la version jeune du «Lebowsky» des frères Coen). Quoi de mieux que d’épier ses voisines aux jumelles ? Un jour, sa longue-vue croisera la trajectoire sensuelle d’une intrigante jeune femme du nom de Sarah (Riley Keough). Partageant un petit joint avec elle, Sam en tombera immédiatement amoureux. Tout irait pour le mieux pour cet éternel adolescent gavé à la «Pop Culture» si seulement Sarah n’avait pas disparu du jour au lendemain, sans laisser de trace. Armé d’une détermination sans failles, Sam décide alors de partir à sa recherche dans une Cité des Anges complètement azimutée. À travers le parcours initiatique de Sam (parsemé de rencontres, d’énigmes et de codes en tous genres), David Robert Mitchell nous propulse dans un univers déjanté empruntant aussi bien au cinéma de Greg Araki («The Doom Génération», «Nowhere»), David Lynch («Mulholland Drive»), qu’à celui de Martin Scorcese («After Hours») ou encore John Landis («Série noire pour nuit blanche»). Le réalisateur n’oublie pas de tacler au passage, les promesses d’éternité de faux prophètes faisant des maux de nos sociétés, leur fonds de commerce. Fleuretant habilement entre le thriller, le drame, la comédie loufoque, la bande dessinée, et même le film d’horreur, «Under The Silver Lake», mené par un incroyable Andrew Garfield (cet acteur est génial, avis perso) met en exergue le portrait grinçant d’une génération de jeunes adultes désabusés, blasés, abusant d’alcool et produits psychotropes pour un placebo de bonheur artificiel. Une jeunesse ayant vendu son âme à la toute-puissante et lucrative industrie de la «Pop Culture» (Hollywood en tête), contre de la monnaie sonnante et trébuchante (la scène où Sam rencontre le «Compositeur» est à ce titre absolument terrifiante). Et si «Under The Silver Lake» et son cynisme percutant étaient tout simplement l’antithèse du «Ready Player One» de Steven Spielberg ?

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