Sang contaminé

Avis sur Underworld : Blood Wars

Avatar Caïn
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La vie, c’est un truc de chien.

Y’a 15 ans, Len Wisman réalisait Underworld, en profitait pour se taper l’actrice principale, et sortait le meilleur film de vampires et loups-garous du siècle. Un truc bien foutu, pas manichéen dans lequel des acteurs crédibles affrontaient des créatures tangibles pour des raisons auxquelles on pouvait croire.
Wiseman a même tellement réussi son coup qu’il a eu le droit de faire une suite à son bébé et qu’il a trouvé le moyen de pondre un deuxième film correct d’affilé. A ce moment là le type est parti pour faire sa petite carrière tranquille et traverser l’autoroute de la vie en consommant de la blanche à l’arrière d’une Porsche 911 turbo gris métallisé immatriculé 0WN3D.

Tu reviens 10 ans plus tard, l’individu doit être dans un loft à la con en Californie à écouter une dinde de la moitié de son âge lui expliquer que faire des photos de cul c’est sa façon d’extérioriser la poésie qui l’habite pendant que sa saga se fait travestir dans tous les cinémas du monde.
Posé dans son canapé, il se dit que son ex-femme a réussi à flinguer un rôle qu’elle connait pourtant par cœur.
Il se demande pourquoi les lycans qui gigotent à l’écran sont aussi réussis que ceux du Loup-garou de Paris alors qu’en 2003, déjà, il a montré au monde comment animer correctement des bêtes sauvages sans budget et sans chier du numérique à longueur de pellicule. Il essai de résoudre l’énigme Theo James °, mais comme toute personne au dessus des 28 de QI il n’y arrive pas. Il fronce les sourcils quand les vampires sont soudainement transformés en Targaryens inoffensifs, et une larme coule sur sa joue à chaque fois qu’un second rôle de GoT apparaît à l’écran.
Comme il connait l’industrie du film, il ne s’étonne pas des incohérences continuelles mais sa gorge se serre tout de même quand il réalise que l’univers qu’il a créé se vide à mesure qu’on le bourre de nouveaux protagonistes aux nuances absentes. Alors que vient poindre dans son cœur une cruelle nostalgie, il réalise quand même que le film multiplie les flash-back, tel le fils médiocre d’un génie notoire qui aime rappeler que le sang de son paternel irrigue son corps.

En rajustant le caleçon trop grand qui lui sert d’uniforme dans l’intimité, il jette un œil sur sa piscine à débordement et réalise qu’il n’aurait pas pu se la payer si plusieurs millions d’abrutis n’avaient pas déboursé une somme indécente pour visionner les deux derniers misérables opus de sa saga. Alors, d’un haussement d’épaules résigné, il se lance dans une sieste bien méritée en tentant d’oublier ce douloureux passé.

° L'énigme Théo James est l’appellation communément admise d'un ensemble de questions, en apparence simples, qui n'ont pas trouvé de réponses au cours de la dernière décennie malgré le nombre croissant de spécialistes qui s'y intéressent. Leur centre de questionnement est la carrière au cinéma de Théo James et l'apparent paradoxe introduit par la présence de carrière au cinéma et Théo James dans la même phrase.
Parmi les interrogations les plus célèbres, on peut trouver "Quel processus chimique a fait penser à un/des individu(s) que T. James pourrait un jour assurer le métier de comédien ?" ou "Quelle fascinante pathologie a figé le visage de Mr James dans une expression éternelle de gène passive ?" mais il est à noter que certaines d'entre elles sont plus spécifiques, notamment "Théo James est-il l'expression d'une tentative ratée de cloner James Franco ?"

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