Dézingage à sec

Avis sur Une journée bien remplie

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Jean-Louis Trintignant est une des légendes vivantes du Cinéma français en tant qu'acteur. Mais saviez vous qu'il avait réalisé deux films ? Une journée bien remplie fut le premier. L'acteur ne se met pas en scène, laissant la place à Jacques Dufilho. Il lui offre un rôle atypique d'homme décimant diverses personnes sur un chemin bien défini. Dit comme cela, on pourrait penser à un thriller glaçant. Mais Trintignant réussit à en tirer un film absurde bourré d'humour noir.

La scène d'ouverture annonce la couleur, présentant le personnage durant son premier méfait. Un homme sorti de nulle part débarque avec un engin pour alpaguer une voiture avec une personne dedans. La scène décontenance dans un premier temps, le spectateur se demandant dans quoi il s'embarque. Puis le côté absurde prend le pas et s'accentue d'autant plus au cours du film. A l'image de ce passage délirant où le tueur se trompe de personne et en vient à s'excuser, tout en lui sauvant la vie... avant de liquider la bonne cible !

La raison de cette traversée sanglante (mais pas gore, loin de là) est évoquée au bout d'un moment, ne justifiant toutefois pas les actes en les qualifiant de légitimes. On ne saura d'ailleurs même pas si l'objet de la vengeance (un proche) avait commis les faits qui lui étaient reprochés ou pas. Pour le personnage de Dufilho et sa famille, il était innocent et la vengeance contre ceux qui l'ont envoyé à la mort est une évidence.

Trintignant ne fait même pas de Dufilho un ennemi inquiétant. Habillé comme un majordome, il passe partout sans être réellement inquiété avec son pistolet silencieux et son side-car où il ballade sa mère complice (Luce Marquand). Même s'il finit par être révélé au grand jour, le personnage ne changera jamais son fusil d'épaule, ayant toujours une carte d'avance sur tout le monde. Le final réussit même à rajouter un peu de cynisme supplémentaire au film, évoquant un éternel recommencement.

Les meurtres sont également très différents et plutôt inventifs, allant du piège vicieux à une longue traque à suspense. Le plus incroyable est que le spectateur peut facilement s'amuser des aventures de Dufilho, au même titre qu'avec celles de Matt Dillon dans The house that Jack built (Lars Von Trier, 2018). Même si le film de Von Trier est plus trash, on peut toutefois s'attacher au parcours improbable du tueur, plus peut-être qu'avec leurs victimes finalement anecdotiques et dont on sait bizarrement qu'elles vont toutes passer à la casserole. Soit faire accepter au spectateur de suivre un personnage moralement déviant, chose dont raffole le cinéma depuis bien longtemps.

Trintignant se fait même plaisir en réalisant une course-poursuite jubilatoire dans des petites rues. En résulte, un premier film réjouissant où son réalisateur traite de manière habile un sujet sortant des sentiers battus, qui plus est avec un acteur principal impeccable.

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