Dumber Woman

Avis sur Wonder Woman

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Attention Spoilers

Wonder Woman est le film censé sauver DC après l'échec cuisant (et mérité) de Suicide Squad ainsi qu'un Batman v. Superman en demi-teinte. Le film a été unanimement apprécié par la critique, aussi bien les spectateurs que la presse. Tous vantent un film novateur et féministe, « le premier héros dans lesquelles les femmes peuvent s'identifier », sauf que ce n'est absolument pas le cas pour les deux arguments. Malgré tout, l'oeuvre fait office de bonne origin story et développe correctement le personnage de Wonder Woman.

Mais rentrons rapidement dans le vif du sujet avec le scénario.

Diana est une amazone, un peuple guerrier destiné à protéger les humains d'Arès, le Dieu de la Guerre, à l'origine de tous les conflits de la planète. Le méchant est ainsi posé dans les premières minutes et ne restera pas une surprise, mais c'est pas grave, car voir WW se tataner contre un Dieu donne envie.

Après un entraînement aussi long qu'inintéressant par le biais duquel Diana découvre ses pouvoirs, on assiste à l'échouage d'un pilote américain qui parvient peu à peu à convaincre notre héroïne de partir en guerre contre les grands méchants allemands, parce qu'ils préparent une arme de destruction massive. Assez ironique quand on sait que le seul pays a avoir réellement utilisé des armes de destruction massive sont les Etats-Unis, mais cela, le film ne le dit pas.

C'est donc à renfort de blagues vaseuses dignes d'un mauvais anime japonais que nos héros s'embarquent pour Londres et y arrivent depuis la Grèce en une nuit. Après un passage rapide à Londres où Diana joue l'ingénue de Voltaire de manière encore plus mal traitée que dans Thor ; la constitution d'une équipe de bras cassés ayant le charisme de castor asthmatiques et autant de chances de s'en sortir sur un champ de bataille que si je me retrouvais dans les tranchées à leur place, nous voilà partis pour la Belgique.

Mais oui, la Belgique, vous savez ce pays dans lequel les gens parlent allemand et non néerlandais dans un village où tout est marqué en français.

Notre héros et sa bande vont donc casser la gueule à des soldats allemands qui, bien que le but des amazones soit de protéger l'humanité et qu'il ne s'agisse pas de nazis, ont un statut de méchant dans ce film, parce que c'est bien connu, l'autre camp (comprendre celui des américains) fait aussi la guerre, mais lui il est gentil, c'est différent, il a pas été poussé par Arès.

Tout cela nous mène donc au combat entre Arès et WW qui s'affrontent à coup de Kaméhaméha. A la mort de l'espion américain qui se fait péter à bord d'un avion rempli de gaz mortel destiné à être largué sur Londres. Et au triomphe du pouvoir de l'AMOUR. Oui, de l'amour, vous avez bien lu. Même Marvel n'avait pas osé. Wonder Woman remporte le combat parce que les humains sont capables d'aimer leur prochain et doivent donc être épargnés.

Voilà donc ce que l'on vient de faire de votre héroïne badass, charismatique et féministe. Un putain de parangon de l'amour... Pour l'inspiration des petites filles on repassera.

Ah oui, et j'oubliais, quand l'espion américain se sacrifie en faisant péter l'avion sur lequel il se trouve, il vient exactement d'accomplir ce qu'il déconseillait encore 5 minutes avant : « on ne peut pas demander à la chasse d'abattre l'avion sinon le gaz va se répandre sur le sol », mais le faire péter en l'air est tout à fait legit, le gaz s'est sûrement évaporé par les trous dans la cohérence scénaristique.

Si vous n'êtes pas encore convaincus de la qualité du film auquel nous avons affaire, laissez moi vous parler des personnages.

Commençons par Wonder Woman. Pour le coup, pas grand chose à dire, elle fait le taff correctement. En plus d'être extrêmement belle, elle joue correctement et parvient à se coller au personnage, seules les incohérences scénaristiques font baisser un peu l'estime que je porte à ce personnage somme toute réussi. Nous avons une bonne Wonder Woman dans un film Wonder Woman, en voilà une bonne chose. Bravo Gal Gadot, belle performance (dans tous les sens du terme).

Et c'est ici que la tristesse commence.

Steve Trevor, l'espion américain au service du renseignement britannique, incarné par Chris Pine (huhu). Parce qu'il fallait bien un personnage de chez l'oncle Sam dans le film (et oui, je sais qu'il est américain dans les comics, pas la peine de le rappeler). Outre un personnage inintéressant et niais au possible (il sert simplement de romance au personnage principal et meurt à la fin, un peu comme dans un film des années 80 mais inversé), son jeu d'acteur est plus qu'inégal, j'avais vraiment l'impression de me retrouver devant un épisode de Plus Belle La Vie à certains moments (notamment lors de la scène de romance et de danse). Son sacrifice en fin de film, censé être héroïque, ne m'a pourtant arraché qu'un soupir de déception.

Je ne parlerai que peu des autres personnages, tous plus clichés les uns que les autres. L'indien d'Amérique aux 3 lignes de dialogues, au jeu plat et présent uniquement pour remplir les quotas. L'arabe baragouineur et dragueur, relativement bien joué, mais avec encore des interventions tellement stéréotypées (la scène de la voiture, mein Gott), qu'on en viendrait à se demander pourquoi il a accepté le rôle. Enfin l'écossais tireur d'élite mais qui ne sait pas tirer, alors il chante ne sera pas développé plus avant.

Mais la palme du pire rôle revient à la secrétaire de Trevor. Déjà un espion avec une secrétaire, exposée au documents secrets, encore un gros bras d'honneur à la logique. Mais alors ses interventions sont plus tristes les unes que les autres. Je lui décerne par conséquent la note de Jar Jar Binks / 20. Vous voyez le morceau.

Bref, hormis Wonder Woman, qui se débrouille à merveille, les autres personnages sont presque inexistants. Et cela n'est pas trop dérangeant pour un film dont le titre est Wonder Woman. Le personnage et l'actrice font le café, que demander de plus.

S'agissant des effets de caméras, de la musique et des décors, rien de transcendant. Themyscéra (pardonnez l'orthographe, je parle mal le grec) est magnifique et l'ambiance de ville antique, perdue sur son île ressort parfaitement. Le reste des décors est classique, un Londres du début du XX siècle ultra pollué, presque à l'excès, des tranchées, un village en ruine, des décors classiques, pour des scènes classiques. Aucune raison de trouver des décors extravagants de ce côté là.

Au niveau de la bande son, une musique discrète, très film de super héros, pas de débordements, réussis (Gardiens de la Galaxie) ou non (Suicide Squad).

Les scènes de combat sont agréables et surtout claires, grâce à une utilisation élevée mais pas abusive des ralentis. Fini le flou dans les scènes de combat, on comprend tout ce qui s'y passe et on peut même apprécier les contorsions de Gal Gadot, le bonheur.

En résumé, Wonder Woman est un film de super héros classique, sans plus d'ambition. Le film n'est pas un raté complet, il est même plutôt réussi (dans son registre évidemment), mais il se trouve malgré tout loin, très loin, des louanges qu'on lui attribue. Si un film de la sorte se voulait autre chose qu'un block buster classique, on le saurait depuis longtemps.

Wonder Woman n'incarne certainement pas la puissance de la femme, mais plus la déesse de l'amour. Les films récents ont de plus en plus tendance à choisir des personnages féminins en tant que personnages principaux (notamment Star Wars), Wonder Woman est loin d'être le premier à avoir lancé cette mode. Je n'ai aucun problème avec les protagonistes féminins, bien au contraire, cela permet d'avoir des personnages différents du bourrin gonflé à la testostérone. Malheureusement, Diana se rapproche bien trop de cette description, il pourrait simplement s'agir d'un Superman du sexe opposé. Je trouve par exemple Jyn Erso de Rogue One, beaucoup plus inspirante que Wonder Woman, par son courage, ses valeurs, et ses couilles d'acier. Pas une seule fois Wonder Woman n'inspire le courage ou quoi que ce soit d'ailleurs, il s'agit juste d'un personne ultra puissante qui roule sur ses adversaires jusqu'au boss final, qui finira aussi par être vaincu.

Allez donc voir le film pour vous faire une idée personnelle, si vous aimez les super héros, le film est correct, mais s'il vous plaît arrêtez de l'encenser pour ce qu'il n'est pas.

J'espère que DC s'améliorera encore pour Justice League, parce que malgré des progrès énormes depuis Suicide Squad, il reste encore beaucoup, beaucoup de travail si ils veulent un jour égaler le Dark Knight.

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