Avant de se mettre à la comédie (synonyme de plus gros budgets et de plus d'entrées), Fred Cavayé faisait plus dans le polar. Après le sympathique Pour elle (2008), le réalisateur s'était lancé dans cette course-contre-la-montre où un mec lambda (Gilles Lellouche) est obligé de faire équipe avec un criminel (Roschdy Zem), afin de retrouver sa femme (Elena Anaya).
L'ambiance n'est pas à la cool comme dans 48 heures (Walter Hill, 1982). A bout portant est plus dans le registre du polar sérieux, où criminels et policiers ont du sang sur les mains. Si le film joue des clichés du genre, notamment du côté des policiers (ripoux très méchants, guerre des polices, Gérard Lanvin avec la mâchoire serrée) et que le climax est parfois trop over the top ; le film n'en reste pas moins terriblement efficace et bien joué.
Lellouche est parfait en homme d'action involontaire et Zem en bonne forme. A bout portant tient en haleine sur une durée adéquate (1h25) et à une époque où les films d'action ont tendance à s'éterniser alors qu'ils n'ont souvent pas grand chose à raconter, cela fait du bien.
Au passage, si Pour elle avait eu droit à son remake américain (Les trois prochains jours de Paul Haggis, 2010), A bout portant en a eu plusieurs. Le premier vient de Corée du sud (The Target de Yoon Hong Seung; 2014), le second (non-officiel) vient du Bangladesh et semble plus s'inspirer du précédent remake (Password de Malek Afsari, 2019). Enfin il y a le remake US diffusé sur Netflix (Point blank de Joe Lynch, 2019) et l'indien Kadaram Kondan (Rajesh Selva, 2019). Pas mal pour un film qui avait raté de peu le million d'entrées en France (973 257 entrées plus exactement).