Trop souvent lapidé ce film reste, à mon sens, une vraie pépite de trouvailles visuelles et de richesse de jeu.
On l'apprécie ou on le déteste le Cronenberg. C'est vrai qu'avec son goût déstabilisant pour les univers salaces, son ingéniosité technique rocambolesque et la tension sexuelle qui transpire par tous les pores de la pellicule, il peut en laisser plus d'un sur le carreau.
Or ici, il n'est plus question de monstres, de têtes qui explosent, ou de cul à gogo.
Ici c'est Freud. Ici c'est Jung. Ici c'est la schizophrénie. Ici c'est le XIX° siècle. Ici c'est NICKEL.

C'est l'impression qui marque à la sortie de ce film. C'est parfait plastiquement. De son générique sublime aux plans sublimes de maîtrise, Cronenberg donne le ton. Le travail magnifique des couleurs, vives et revigorantes, nous plonge dans des ambiances douces et décalées, qui donne le sourire et font presque pleurer. Jamais je n'oublierai la beauté du plan en plongée qui nous présente un Fassbender et une Knightley enlacés dans la coque d'un bateau.
Et ces acteurs mon dieu ! Knightley, en fait certes un peu trop dans rôle, qui reste néanmoins une performance pour cette femme que l'on n'aurait jamais imaginée là dedans. Fassbender, chef de file de ses acteurs sexy qui changent de bord pour des oeuvres d'auteurs, nous le prouve encore ici dans son rôle de Jung. Et Mortensen en Freud, physiquement transformé, froid et distant, presque inquiétant. Et un Cassel anecdotique mais génialement drôle. Bref jamais des acteurs sexy auront si bien joué des intellos. Pari culotté et réussi.
Inclassable, le film sonne comme une oeuvre expérimentale, entre dialogues philosophique, scientifiques, romance douce, violence sexuelle...
Le tout sublimé par la magnifique musique de Howard Shore qui trouve ici une de ses plus belles partitions.
Bien loin d'être "le plus mauvais film de Cronenberg" comme on aura beaucoup trop dit et à tord, le film reste au contraire l'un de ses meilleurs.

Créée

le 8 févr. 2015

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Charles Dubois

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