♪♫ Plus ça devient vieux plus ça devient c... ♪♫

Troisième film de Claude Chabrol, À Double Tour, sorti en 1959, nous emmène au cœur de la bourgeoise provençale pour y suivre les péripéties d'un couple fragile qui va se retrouver face à un nouveau et sulfureux voisin.


En adaptant le roman The Key to Nicholas Street de Stanley Ellin, Chabrol nous immerge à Aix-en-Provence, mettant en scène une famille bourgeoise qui va voir sa petite vie bousculée lorsqu’un voisin, s'ajoutant aux errements du couple, va venir mettre le bazar. Débutant avec un générique strident, À Double Tour permet à Chabrol d'instaurer un climat de plus en plus pesant, où il va peu à peu tomber dans le thriller policier.


L'œuvre est distinctement scindée en deux et Chabrol propose une intéressante et ambiguë étude de caractère, lui permettant d'analyser la bourgeoisie et d'en tirer une violente satire, avec des portraits de personnages très bien écrits, où la principale opposition sera entre la mère détestable ainsi que son fils et un Lazlo qui en est le contraire, avec plusieurs séquences marquantes. Peu à peu, il fait monter la tension jusqu'à une dernière partie tout en suspense où le dénouement est parfaitement bien mené.


Malgré une écriture de qualité (tant pour les dialogues que l'avancement de l'histoire ou les personnages), À Double Tour peine légèrement lorsque Chabrol se montre un peu trop lourd dans sa mise à mal de la bourgeoisie, perdant en nuance notamment face au jeune personnage anarchiste de Lazlo. C'est dommage, car à côté de cela, il propose une mise en scène efficace avec une ambiance prenante, tout en dirigeant plutôt bien ses acteurs et malgré un jeune Jean-Paul Belmondo parfois un peu dans l'excès, alors que son personnage inspirera Godard dans A bout de souffle.


Si Chabrol perd parfois en justesse lorsqu'il charge la bourgeoisie, À Double Tour n'en reste pas moins une œuvre efficace et prenante, avec des personnages bien écrits et intéressants, ainsi qu'une tension qui s'accentuera dans la dernière partie du film.

Docteur_Jivago
5
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Lumière sur le cinéma français

Créée

le 10 août 2018

Critique lue 873 fois

Docteur_Jivago

Écrit par

Critique lue 873 fois

25
7

D'autres avis sur À double tour

À double tour

À double tour

5

Val_Cancun

2673 critiques

Le démon du midi

Troisième long-métrage du jeune Claude Chabrol, "A double tour" est l'un des premiers films estampillés "Nouvelle vague", sorti quelques mois à peine après "Les quatre cent coups". Et divine...

le 31 mai 2022

À double tour

À double tour

6

AMCHI

6386 critiques

La Province

Troisième film de Chabrol qui va égratigner une famille bourgeoise des environs d'Aix-en-Provence, A double tour n'atteint pas la pertinence des futurs drames bourgeois chabroliens mais la mise en...

le 18 août 2016

À double tour

À double tour

3

shiningchlochlo

1 critique

A double tour, ou l'absence totale de subtilité

La caractéristique principale de ce film, c'est de manquer de tous les éléments d'un bon film "who did it" et d'une bonne critique sociale. Entre Belmondo apôtre de la vérité rigolarde face au couple...

le 5 déc. 2016

Du même critique

Gone Girl

Gone Girl

8

Docteur_Jivago

1442 critiques

American Beauty

D'apparence parfaite, le couple Amy et Nick s'apprête à fêter leurs cinq ans de mariage lorsque Amy disparaît brutalement et mystérieusement et si l'enquête semble accuser Nick, il va tout faire pour...

le 10 oct. 2014

American Sniper

American Sniper

8

Docteur_Jivago

1442 critiques

La mort dans la peau

En mettant en scène la vie de Chris The Legend Kyle, héros en son pays, Clint Eastwood surprend et dresse, par le prisme de celui-ci, le portrait d'un pays entaché par une Guerre...

le 19 févr. 2015

Star Wars - Le Réveil de la Force

Star Wars - Le Réveil de la Force

3

Docteur_Jivago

1442 critiques

Un réveil honteux

Fervent défenseur de la trilogie originale et de la prélogie, dont l'impact sur ma jeunesse a été immense, l'idée que Disney reprenne cette franchise m'a toujours fait peur, que ce soit sur le rythme...

le 1 janv. 2016