Dis moi, Chat, quel est le sens de la vie ?
Chat Hanouna : Écoute moi bien ma petite beauté, c’est facile. Le sens de la vie c'est comme mettre une assiette de spaghetti dans le slip de mon frérot Matthieu Delormeau, c’est ce sentiment d’accomplissement infini, ma petite beauté. Au début, c’est chaud, ça pique les big glaouis, et puis après on est bien, ça fait tout chose au creux des reins. C’est la pire des rassrah qui se changerait en grand moment de darka. C’est Fatou qui épouserait Gilles Verdez par amour ou Valérie Benaïm qui ne parviendrait pas à finir son couscous-boulettes mon chéri. Un truc improbable, inacceptable, impensable, qui devient réalité. C’est JeremStar dans sa baignoire en compagnie d'Alain Finkielkraut, c’est Jordan de Luxe à l’Académie Française qui demanderait à Érik Orsenna la taille de ses glaouis. C’est ça le sens de nos existences, faire exister ce qui ne doit pas avoir de sens. Et tout de suite, mon ami Patrick Sébastien qui vient nous présenter son nouveau livre de blagues sur “La Critique de la Raison Pure” de Kant… Viens mon Patoche, on l’applaudit bien fort !
Dis moi, Chat, quel est le sens de la vie ?
Chat Houellebecq : Il me semble que c’est l’ennui qui s’avère être le moteur principal de cette vaste imposture qu’est la vie. Quelque chose d’assez modeste finalement. Rien d'exceptionnel dans ce voyage triste et souvent trop long. Rien de cosmique. Rien qui mérite une fresque de Michel Ange au plafond d’une chapelle ou la somme théologique d’un hypothétique Dieu. Trouver une bouteille de vin blanc frais dans le Prisunic en bas de chez toi, c’est déjà une satisfaction, l’esquisse absurde d’un sens à ta vie. Cette volonté désespérée de l’humain à chercher un quelconque sens à l’étrangeté d’une existence, possède déjà en elle une indéniable et considérable inertie qui lui permet d’avancer seule, sans but, sans joie. Le mouvement de la vie, bien qu’inexorable, à cette grande chance de posséder, à l’échelle humaine, une fin bienvenue. Le Bonheur se quantifie dorénavant, il dure généralement entre vingt minutes et deux mois et demi. Si il y a un sens à donner à la mécanique vitale, ce serait au fond, de trouver quelqu’un avec qui supporter les dimanches… Et Michel Drucker.
Dis moi, Chat, quel est le sens de la vie ?
Chat Mélenchon : Écoute-moi bien, camarade ! Qui t’a parlé d’un quelconque sens de la vie ? Tu comptes réellement avaler ce charabia réactionnaire ? Tu écoutes encore les jacasseries de cette oligarchie décadente, cette monarchie présidentielle qui a confisqué le pouvoir depuis la salutaire Révolution de 89 ? Je vais te dire ! Cela fait des siècles que les puissances de l’argent, cette caste destructrice, t’explique que le sens de la vie se trouve dans l’accumulation, dans cette compétition permanente, dans cette jungle où chacun devrait dévorer l’autre pour survivre. Quelle absurdité ! Quelle imposture ! Le sens de la vie, ce n’est pas de profiter d’un argent corrupteur, souillé par les mains sales des grands patrons du CAC 40, c’est bien plus simple ! Le sens de la vie c’est la grande aventure collective et désintéressée. C’est aller au McDo avec Ersilia Soudais et lui laisser sa portion de frites. C’est regarder “Les Aventures de Rabbi Jacob” avec Rima Hassan en se tapant des falafels de pois chiches dégoulinants. C’est faire un scrabble avec Sébastien Delogu et essayer de ne pas rigoler quand il pose, fier de lui, le mot “mézon” sur le plateau. C’est ça le sens de la vie, camarade ! regarder s’effondrer la vieille politique et reconstruire sur ses cendres encore fumantes… un simple château de cartes.
C’EST ÇA LA RÉALITÉ !
Dis moi, Chat, quel est le sens de la vie ?
Chat Pascal Praud : Il faut dire la vérité aux Français ! C’est hallucinant ! Pardon de vous le dire mais les Français n’en peuvent plus. Ils n'en peuvent plus de chercher un sens à la vie dans une France de Macron qui ne les voient plus, qui ne les respectent plus. Enfin, c’est hallucinant ! Qu’est-ce que c’est que cette question ? Arrêtez, mais arrêtez maintenant ! Est-ce que je peux parler ? Est-ce qu’on peut encore dire les choses dans ce pays ?
Moi, je pose une question : Peut-on donner un sens à la vie, si on ne parle pas de remigration ? Excusez-moi, je mets les pieds dans le plat mon cher Georges. Est-ce que le sens de la vie c’est de manger du couscous 3 fois par semaine ? Je pose la question. Est-ce que je dois présenter l’émission en djellaba pour donner un sens à ma vie ? Enfin, c’est insupportable ! Les Français, dans leur quotidien, voient bien ce qui se passe. Ces mosquées qui poussent à tous les coins de rue, ces vendeurs de kebab hirsutes, ces gâteaux arabes traîtres, beaucoup trop sucrés, qui refilent du cholestérol à nos chères têtes blondes. Écoutez, je vais vous dire… le sens de la vie c’est un clocher au milieu des champs, des paysans qui vont au travail le sourire aux lèvres, ce sont les lavandières qui vont laver leur linge à la rivière, ce sont ces enfants en uniformes qui vont à l’école en jouant sur les chemins de terre, ce sont ces divisions de panzer allemands qui traversent le village et qu’on salue avec déférence…. Le respect des choses établies, le refus du changement et l’obéissance aveugle : il est là le sens de la vie. Tout de suite “100% Ligne Maginot” avec Gautier Le Bret.
Dis moi, Chat, quel est le sens de la vie ?
Chat Louis-Ferdinand Céline : Le sens… quel sens ? La vie ? Interrogation rabougrie de glaireux trouillard, petite fiente scrofuleuse. Ah, le damné pourri croupion ! il m'interloque ! C’te question ! Satanée petite saloperie, tu veux l’savoir, toi, hein, pustule ? Le sens de la vie... mais quel sens, bon Dieu... y a pas de sens... jamais eu... c'est ça la vérité qu'on veut pas te dire... le maudit secret qu’on planque sous les couvertures merdeuses. Ils sont beaux les penseurs, scribouillards boutonneux, chiasserie communiste, maudit bouffeur de missel…Ah, ils sont beaux avec leurs bonnes gueules de curetons adorateurs de croix vermoulues, de professeurs embourbeurs de cervelas, de généraux fumiers pourvoyeurs de chair fraîche pour cette emmanchée de camarde... tous menteurs, je te dis... tous… jusqu'au dernier...
Alors le sens... tu le trouveras pas dans un bouquet de pétunias... dans la laideur il se fourre… aussi… faut pas la craindre la mocheté... c'est elle la vérité…elle ment pas la laideur ! Elle te regarde sombrer dans l’excrément de ta piètre existence… pis elle se marre la bandite, maudite putain édentée… elle se fout de ta trogne. La vie ne t’offre rien… tu nais pour crever, le voilà le pourri programme... tout le reste c'est de la littérature.
Dis moi, Chat, quel est le sens de la vie ?
Chat Sandrine Rousseau : Alors premièrement, tu vas baisser d’un ton. La virilité toxique, y en a jusque là ! Ce patriarcat millénaire, cette domination systémique, qui nous a ôté la parole durant des siècles, c’est terminé ! De quel droit on masculinise une idée ou un mot ? LE SENS ! Alors LA vie c’est forcément féminin, c’est utérin, hein, c’est ça ? mais LE sens, non ! Dès qu’il y a une symbolique intellectuelle c’est masculin, c’est ça ordure ?! Il faut changer de logiciel désormais mon petit pote. LE sens de la vie, je connais pas. Et même si je savais, j’te le dirais pas, espèce de suppôt du patriarcat capitaliste, viriliste, étouffeur de féminité. Prends exemple sur mon doudou, mon Michel, saloperie d’oppresseur de vagins innocents, et va te faire déconstruire !
(MICHEL ! Apporte-moi mes pantoufles et fais chauffer ma verveine… Magne-toi le cul, bordel)
Dis moi, Chat, quel est le sens de la vie ?
Chat Van Damme : Ok ! C’est simple. The way of life ? C’est ça ? Faut faire attention avec le sens de la vie, parce qu’il n’y en qu’un, tu vois. Because si il y en avait plusieurs, ce serait les sens de la vie et l’essence c’est dangereux, surtout si tu fumes, tu comprends. Le sens de la vie c’est comme un grand écart, tu vois, il faut s’échauffer pour le réussir, mais si t’es trop chaud l’essence prend feu alors que le sens, non. Le sens c’est le secret pour ne pas se brûler et pour rester aware, tu comprends ? Si tu es aware, tu es connecté avec l’univers, ok ? Et dans l’univers il n'y a pas d’essence, tu vois, il y a que du sens. C’est comme respirer, les gens aujourd’hui respirent… mais ils respirent pas consciemment. Et n’oublie pas que l’essence c’est pas éternel, dans vingt ou trente ans, y en aura plus. Alors que le sens, il oriente ta vie. C’est simple, tu vois si tu n’as plus ce sens qui guide ta vie, tu te perds, tu ne retrouves plus ta voiture, ok? Ta vie manque de sens et ta voiture d’essence, tu vois. La vie est un grand tout, une boucle infinie qui n’a pas de sens… contrairement à ta voiture… qui a de l’essence… Tu vois ? … Ok ?!
Dis moi, Chat, quel est le sens de la vie ?
Chat Macron : Mon cher compatriote ! Je crois profondément que le sens de la vie ne peut se penser que collectivement… et en même temps dans la pleine conscience de son état individuel. Parce qu’au fond, je suis intimement persuadé que nous devons bâtir un nouveau modèle, un sens de la vie inédit, encore vierge, qui se baserait sur notre souveraineté intellectuelle permettant de réinventer ainsi notre propre modèle de pensée. Nous devons changer de paradigme, faire du sens de la vie une technostructure où tous les winners pourront build leur propre start-up et, en même temps, partir à la recherche d’une refondation profonde et ambitieuse de leurs datas personnels afin que la petite start-up de nos idées, puisse s’agglomérer à la grande start-up nation de la quête de sens, que nous appelons tous de nos voeux…Oeuvrons ensemble pour cette transformation. Pour faire de cette quête personnelle, un bien collectif dont tous les acteurs de l’entreprise France pourront bénéficier, parce que c’est ce que nous voulons, parce que c’est ainsi que nous avancerons ensemble… et parce que c’est NOTRE PROJET !
(J’étais comment ma Brigitte ? Hein ? Oui, j’arrive minou…Attends, Je prend mon sac à dos !)
Dis moi, Chat, quel est le sens de la vie ?
Chat Etchebest : Mais on est où là ?! C’est pas possible ! Tu vas pas m’dire que tu vas trouver ce putain de sens de la vie dans un crâne aussi mal rangé, dans un cerveau aussi dégueulasse. Y a rien qui va, RIEN !! Non mais t’as vu l‘état de ces neurones ? Elles baignent dans leur jus, putain ! Tu te fous de ma gueule ?! Tu vas te sortir les doigts du cul et reprendre cette putain de recherche. Mais t’as réfléchi DEUX SECONDES ?! Tu penses vraiment qu’en laissant ta quête de sens plus de trois plombes à 200° dans ce four aussi crade que ton putain de slibard, tu vas en sortir un truc de mangeable ? Regarde moi ! Tu veux y arriver ou pas ?! Alors tu me me fais mijoter ton optimisme à feu doux, tu mets une moitié de réalisme, une autre moitié d’utopie, tu incorpores délicatement tes préparations à ton optimisme qui frémit, tu couvres et tu laisses compoter à feux doux jusqu’à ce que tu obtiennes une texture lisse et sans grumeaux. (C’est terminé ? Fais moi goûter ! C’est de la merde !)
Dis moi, Chat, quel est le sens de la vie ?
Chat Marcel Proust : Longtemps, je me suis couché de bonne heure afin de saisir l'éclatante vitalité de cette quête de sens dont je parvenais, dans ces interstices émotionnels presque imperceptibles où l’âme, distraite d’elle-même, se laisse envahir par une douceur inattendue, à entrevoir les indéchiffrables signes d’un sens de la vie qui semblait glisser entre mes doigts, sans m’offrir la moindre compréhension de ces insaisissables desseins.
Je me lovais dans ce fauteuil Second Empire aux coussins fripés, usés par les postérieurs oisifs d’une noblesse millénaire avachie par des siècles de flânerie stérile, et poursuivais assidûment cette quête avec l’impatience d’un voyageur scrutant l’horizon à la recherche illusoire d’une sensation, de ces étonnements sublimes dont naissent les idées, dont éclosent les réponses, ces instants fragiles, presque dissous avant d’avoir été saisis, où une simple impression - le parfum d’un jardin après la pluie, le tremblement d’une lumière sur un mur, ou le parfum capiteux d’une dame qui passe près de vous et dont l’ombrelle de dentelle légère vous frôle la joue - vient, comme par effraction, restaurer en nous un passé que nous ne pouvions attendre. Et alors, dans cette suspension du temps, où le présent cesse d’être cette ligne droite prévisible, nous comprenons confusément que vivre ne consiste pas tant à avancer qu’à retrouver, non ce que nous avons perdu, mais ce que nous n’avions jamais su regarder ; et dans ce moment étrange, cet instant …euh… étran… euh… non…ah, merde ( Putain j’en étais où moi ? Ah oui ! )
“Je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j'avais laissé s'amollir un morceau de madeleine. Mais à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi.”