Dans une ville portuaire, des marins en bordée flirtent avec l'habitante. Autre temps, autres manières, mais, tout de même, la drague de l'époque est bien puérile. Elle détermine le ton de la première partie du film qui, à ce moment, est une comédie assez bête. Il s'ébauche ensuite une rivalité sentimentale entre les copains René Lefèvre et René Dary à propos de la jolie et transparente Yvonne, jouée par Michèle Alfa, qui se contente d'être belle.
Consécutivement, le sujet prend alors des accents de drame sentimental aussi futiles qu'insincères. Yvonne aura à choisir entre le brave type assez terne et le coureur méprisant les femmes.
Le scénario est de l'estimable Charles Spaak mais celui-ci a dû faire ses fonds de tiroir. On sent le sujet bricolé sans conviction. C'est mal écrit et les personnages sont grossiers, c'est-à-dire artificiels ou excessifs (en particulier le père très bourrin d'Yvonne, inexplicablement irascible).
Cela donne un film pas très cohérent, qui balance entre la farce médiocre -avec les marins Aimos, Azaïs et Carette, sous-employés et bien mal servis- et le mélo populiste factice. Cette dualité de ton et l'insignifiance du sujet se retrouvent résumés dans le dénouement, dérisoire et vite expédié.