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« Part dog. Part machine. Totally awesome »

Des choses pas très gentilles à dire sur ce film

On sait de certains films qu’ils n’auront d’autre prétention que de simplement être... et que ce qu’ils sont, c’est juste horrible. Est-il utile dès lors de se pencher sur A.R.C.H.I.E. Chien Robot qui n’a aucune ambition spéciale et encore moins de budget et qui semble seulement être fait pour remplir des créneaux télé pour pas cher ou étoffer les catalogues de plateformes... Est-il seulement utile de confirmer par un pavé de texte ce que finalement on savait déjà, que A.R.C.H.I.E. Chien Robot est un énième mauvais film familial à base de chien robot ? Pas nécessairement... Mais ne pas le faire serait prendre le risque d’oublier des gags prouts et des gags sodomie de chiens à faire rougir Raja Gosnell qui avait pourtant mis la barre haut avec le Dog Show à propos duquel, faut-il le rappeler, Wikipédia précise qu’il « a fait l’objet d’un remontage pour notamment retirer des scènes dans lesquels un juge du concours canin touche les parties génitales d’un chien sans son consentement (les chiens étant dans le film des êtres conscients capables de s’exprimer comme des humains) »... et puis ce serait aussi se priver du plaisir de flinguer une ambulance qui transporte cette fois Michael J. Fox.

Après, c’est Michael J. Fox mais ça aurait pu être n’importe qui d’autre. En effet, on ne peut pas dire qu’il apporte quoi que ce soit à A.R.C.H.I.E. Chien Robot si ce n’est un peu de prestige ou d’étonnement, c’est selon, à la lecture du générique. En même temps, qu’est-il possible d’apporter à un scénario vide étiré au maximum qui accumule des situations type et des dialogues affligeants. Parce que A.R.C.H.I.E. Chien Robot en un mot comme en mille c’est pauvre.

C’est pauvre parce que la présentation du nouveau joujou d’une entreprise de pointe par exemple prendra la forme d’une femme filmée en plan resserré toute seule devant un rideau bleu dont les déclarations du type « ce cyborg chien ne sera pas le meilleur ami de l’homme mais le meilleur ami de notre armée » sont accueillis par les applaudissements et les vivats mous d’une foule invisible. C’est pauvre aussi parce que cette piste caricaturale s’il en est n’est même pas exploitée si ce n’est à la réapparition de la femme susnommée (ou d’une autre qui lui ressemble beaucoup, c’est assez confus pour tout dire) qui est en fait l’ingénieure qui a conçu Archie et qui a fait en sorte qu’il soit volé afin de ne pas être utilisé comme arme fatale.

Cette pauvreté on la retrouve simplement dans le fait que A.R.C.H.I.E. Chien Robot enchaîne les éléments du cahier des charge à la va comme je te pousse sans en utiliser les propriétés structurantes : l’héroïne est une orpheline recueillie par un parent éloigné mais finalement ça n’aura aucune importance dans le récit tout comme le fait qu’on insiste sur sa situation d’ado des villes contrainte à vivre à la campagne puisque ce possible trait de caractérisation est balayé à la minute où son love interest entre dans le tableau. Tout ça en moins de deux-trois minutes et on en parle plus. Et le scénariste/réalisateur/acteur Robin Dunne, qui s’est spécialisé depuis dans les téléfilms de Noël, de se taper dans les mains : « Ça s’est fait ! »

Niveau gag, c’est la même philosophie : voleur neuneu, occasionnellement déguisé en femme de surcroit, chutes forcées, avalanche de cartons vides, festival de prouts, chien qui fait du skate, répliques qui tuent sorties des babines animées en images de synthèses bien moches, accéléré de rangement de cuisine... Nommez-le, il y est. Le quota de gags gras est bien entendu respecté. C’est bien connu le pipi et le caca, ça fait toujours marrer, surtout les gosses. En théorie. Parce que dans A.R.C.H.I.E. Chien Robot, chaque incursion dans l’humour scatologique est au pire (ou au mieux) lourde, à l’image de ce looooong concert de bruits génériques de pets sur fond d’hymne à la joie après ingestion de chili empoisonné, au mieux (ou au pire) assez glauque de l’échange « Dis-moi la couleur du slip de ce gars - Blanc avec une petite tache marron » à la scène du vétérinaire qui ressort son doigt brûlé et fumant du cul du chien robot avec toutes les lourdeurs et les coups de coude que ça implique.

D’un certain point de vue, A.R.C.H.I.E. Chien Robot est drôle mais moins pour ses gags que pour le manque total de recul qui peut les caractériser... On peut aussi gentiment écarquiller les yeux lors de la résolution du conflit entre oncle Paul (Robin Dunne), le maire de la ville, et sa rivale, avec la discréditation de l’antagoniste via la diffusion d’un enregistrement compromettant mais remonté comme une bande annonce (?!) par Archie (oui... ses yeux peuvent projeter des films), sous le regard mollement médusé et désapprobateur des cinq pékins qui peuplent la salle des fêtes.

Mais voilà, mises à part ces petites poussées décomplexées, c’est assez lambda et assez chiant. C’est surtout artificiellement insupportable autant dans l’animation des babines du chien (élément déjà assez casse-gueule en soi) que dans des choses plus anodines comme ces scènes d’extérieur avec un ciel plus bleu que la plus bleue de tes copines, des nuages horriblement photogéniques et des halos de lumières dans tous les sens comme tendent à en abuser les aspirants graphistes quand ils découvrent Photoshop. Bref, une expérience assez horrible.


Pour l’anecdote, à un moment, les personnages assistent à une projection en plein air de Space milkshake. Dès lors une question peut parasiter la lecture de A.R.C.H.I.E. Chien Robot : dans quel univers une association ou une collectivité ferait une séance de ciné plein air avec Space milkshake ? Réponse : dans le Robin Dunne cinematic universe puisque le bonhomme l’a produit et qu’il joue aussi dedans. Y aurait-il des références subtiles à A.R.C.H.I.E. Chien Robot dans Cap sur Noël, Chalet à vendre, cœur à prendre, Le Gâteau enchanté de Noël ? Eh bien il n’y a qu’un moyen de le savoir... Mais ça demande beaucoup trop de courage.


Je veux jouer au bingo des clichés avec ce film

Le lien pour jouer, c'est là : https://www.incredulosvultus.top/a-r-c-h-i-e-chien-robot

Ou sinon, je regarde juste les 35 ingrédients du bingo de ce film parce que c'est trop cool


Bonus

Riviera détente > « Si tu vois ce que je veux dire »

Personnage > Agissement

Passion > Fait preuve de jalousie ou de rivalité féminine – Stylé > Donne un conseil gagnant à une personne jouant aux échecs

Personnage > Caractéristique

Blues > Sa femme, sa fille sa mère ou sa sœur est morte

Personnage > Citation

S’inquiète > « Oh-oh »

Personnage > Interprétation

Lunettes > Enlève ses lunettes avant de parler

Personnage > Méchant·e

Tension > Cri de rage ou de dépit

Personnage secondaire

Petite peste Disney Channel

Réalisation

Fin > Le mot FIN apparaît en toutes lettres à l’écran – Fin > Plan grue/hélico qui s’éloigne en montant – Fin > Tout est bien qui finit bien – Grammaire > Ralentis injustifiés et insupportables – Reconstitution de souvenirs, récit, accompagnés d’une voix-off – Technique > Faux raccord flagrant – Technique > Plan drone moche – Technique > Reflets de rétroviseurs hyper nets et hyper bien cadrés – Vision subjective > Robot

Réalisation > Accessoire et compagnie

Est éclaboussé·e par un fluide – Pouet-pouet > Déguisement

Réalisation > Audio

« Cling » sonore pour souligner l’éclat d’un objet – Bruit exagéré > Accessoire – Musique > Pouet-pouet – Tension > Bruit de battements de cœur – Utilisation de musique classique pour renforcer un décalage/un effet comique

Scénario > Blague, gag et quiproquo

Micro qui siffle pour souligner un speech gênant – Pipi, caca, prout – Sodomie (gag)

Scénario > Dialogue

À voix haute > Se parle – Philosophie ou psychologie de comptoir

Scénario > Élément

Croche-pied de cantine de lycée ou de prison

Scénario > Ficelle scénaristique

Amour au premier regard – Introduction forcée d’un élément dont on sait d’avance qu’il servira plus tard (fusil de Tchekhov) – Le héros ou l’héroïne vient d’emménager

Scénario > Situation

Situation > Moment « Woo-hoo ! »

Thème > N’importe quoi

Accessoire > Gaspillage alimentaire

---

Barème de notation :

1. À gerber

2. Déplaisir extrême et très limite sur les idées véhiculées

3. On s'est fait grave chier

4. On s'est fait chier mais quelques petits trucs sympas par-ci par-là

5. Bof, bof ; pas la honte mais je ne le reverrais jamais ; y'a des bons trucs mais ça ne suffit pas

6. J'ai aimé des trucs mais ça reste inégal ; je pourrais le revoir en me forçant un peu

7. J'ai passé un bon moment ; je peux le revoir sans problème

8. J'ai beaucoup aimé ; je peux le revoir sans problème

9. Gros gros plaisir de ciné

10. Je ne m'en lasserais jamais

IncredulosVultus
2

Créée

le 25 avr. 2025

Critique lue 33 fois

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