7
252 critiques
Buddy double
Faux premier film de Jesse Eisenberg, « A real pain » semble céder, presque caricaturalement, à la tentation de l’auteur « jeune », mu par la volonté d’aborder toutes les thématiques qui lui sont...
le 25 févr. 2025
Deux cousins juifs américains; très proches dans l'enfance et qui se sont perdus de vue plus tard, se retrouvent pour un voyage de mémoire d'une semaine en Pologne, en souvenir de leur grand mère décédée qui était rescapée des camps de la mort. L'un est rangé: bon job, femme et enfant. L'autre est considéré par le normé comme un loser hypersensible qui n'arrive pas à se fondre dans le moule, qui dit ce qu'il pense quand ça lui chante, bref... il le gêne énormément dans ses comportements. Un real pain "in the ass". Et pourtant il l'aime, il est touchant et décomplexé. D'ailleurs tout le monde l'aime dans le groupe car il aime provoquer la discussion dans ce groupe hétéroclite de touristes juifs comprenant un guide novice mais sympa, un couple lunaire dont on se demande ce qu'il fait là, une femme à la recherche d'elle même et un rouandais qui a connu les massacres de son pays avant de trouver la sérénité dans le judaïsme.
Un voyage en Pologne n'est pas sans secouer. Les villes de Varsovie et Lublin sont magnifiquement utilisées. Derrière la beauté moderne de ces villes polonaises, on retrouve le contraste des camps de concentration épurés mais où l'imagination recréé l'horreur, la beauté des cimetières juifs, l'absence de ces mêmes juifs et de leur culture dans cette Pologne moderne, l'absence de la souffrance de la Shoa dans ce pays des origines, aseptisé aujourd'hui.
Elle est aussi là la vraie douleur (a real pain), celle de l'anéantissement de milliers de personnes dans leur propre pays dans lequel il ne reste que leur souvenir (ou presque). Ou le luxe d'aujourd'hui recouvre la souffrance d'hier (le train), Ou le tourisme écrase le respect (le cimetière).
La mise en scène de Jesse Eisenberg sort des sentiers battus, tout en finesse, sans forcer sur le judaisme, pour traiter des thématiques qui ne s’apprêtent pas à une comédie : le deuil, la dépression et une réflexion sur la souffrance. Le mélange entre le rire et le sérieux est subtil.
Ce film a été un vrai choc pour moi, peut-être parceque je suis allée en Pologne, que j'ai visité un camp de concentration, des cimetières juifs où que j'essaie toujours de voyager en intégration. J'ai vu moins de juifs et de culture juive en Pologne que partout ailleurs dans le monde. J'ai eu du mal à trouver des lieux représentant la culture juive (restaurant par ex, musique klezmer traditionnelle), et pourtant j'étais accompagnée de polonais.
Ce cousin hypersensible que l'on porte en nous, remonte à la surface. Qui n'a jamais eu envie de casser les codes, de dire la vérité même si elle dérange, elle est aussi là la vraie douleur, celle de ne pas pouvoir être soi dans cette société moderne policée. La morale de l'histoire serait elle que l'on se trompe de vie à vouloir rentrer dans le moule ?
Créée
le 22 mars 2025
Modifiée
le 22 mars 2025
Critique lue 9 fois
7
252 critiques
Faux premier film de Jesse Eisenberg, « A real pain » semble céder, presque caricaturalement, à la tentation de l’auteur « jeune », mu par la volonté d’aborder toutes les thématiques qui lui sont...
le 25 févr. 2025
7
265 critiques
Les relations familiales compliquées sont décidemment un sujet central pour Jesse Eisenberg. Son premier film, Quand tu auras fini de sauver le monde (qui avait fait l’ouverture de la Semaine de la...
le 13 mars 2025
6
2387 critiques
Ce voyage organisé, à travers la Pologne, d'un groupe de personnes, la plupart d'entre eux juifs, ayant des proches familiaux liés à un passé sombre et tragique, est surtout le prétexte pour Jesse...
le 27 févr. 2025
5
19 critiques
Une bien belle histoire que celle de la vie de Lee Miller qui me passionnait. Le film est passé à côté. Il est construit de manière très décousu et trop classique, sans plus d'explications sur...
le 11 nov. 2024
2
19 critiques
J'aurai essayé... mais non, je n'y arrive pas... Une série par et pour Silverster Stallone, toujours aussi inexpressif depuis toutes ces années. Un scénario presque risible tellement il ne s'y passe...
le 22 oct. 2024
4
19 critiques
Le préquel de Fury Road. Ou on apprend l'enfance de Furiosa précédemment magnifiée par Charlize Theron. Bien évidemment dans le sang l'horreur et l'abomination. Un Mad Max authentique ou l'on ne...
le 8 juin 2024
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème