Face à différents maux de la société contemporaine chinoise des personnages submergés par leur détresse subsistent avec bestialité.
Ce film dépeint le portrait méticuleusement composé d'une violence si humaine qu'elle en devient glaçante.
L'image religieusement soignée sublime un environnement harmonieux, tant par ses couleurs (l'utilisation du bleu et du rouge dans les premières parties est splendide) que par ses formes (un nombre abondant de plans graphiques mémorables). A cela s'ajoute un rythme apaisé qui, appuyé par l'image, contraste avec des situations vicieuses et des personnages tourmentés. Cette dissonance entre la forme et le fond semble appuyer un propos plus profond : le réalisateur offre un regard sur la civilisation en dénonçant un monde à deux vitesses. Grâce à l'enchaînement de différentes histoires, il réussit à pointer du doigt une dichotomie complexe sans tomber dans un manichéisme simpliste. Et putain, c'est universel et c'est beau.