(...) Ce qui a toujours été admirable avec King Hu, c’est que malgré qu’il fasse partie des pionniers du wu xia pian, il n’a jamais été prisonnier de ses influences nippones. A TOUCH OF ZEN ce n’est pas du Kurosawa, ce n’est pas du Gosha, mais c’est bel et bien du pur Hu. La folle inventivité, pour l’époque, de la mise en scène, de la narration – d’une fluidité exemplaire – et des choix artistiques en fait une véritable leçon de cinéma. Tout est d’une clarté incroyable, car King Hu est un réalisateur qui sait conter. A TOUCH OF ZEN est une aventure épique de près de trois heures, aux frontières de la légende et du mythe, qui, en tant que référence, ne semble pas foncièrement original, mais dont la force réside dans son statut de film fondateur. Il y a absolument tout dans A TOUCH OF ZEN, qui dessine les contours d’un genre et d’une industrie, écrivant les codes d’un univers et d’un cadre qui serviront de véritable Bible pour ses successeurs, alors qu’il est pourtant l’antithèse artistique totale de certains essais du genre : les combats ne sont pas ici l’enjeu de King Hu, bien moins en tout cas que l’utilisation de sa qualité de peintre de la lumière et de la couleur pour façonner le style – reconnaissable entre mille – d’une œuvre riche et dense en terme d’expérimentations formelles (...)
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