Ce film danois est centré sur un jeune commandant (joué par l'acteur Pilou Asbaek vu dans Games of Thrones).
Il fait alterner trois lieux qui le concernent.
En Afghanistan, de mornes patrouilles sont de temps à autre au contact, avec mort d’homme, et il décide de patrouiller avec ses hommes pour leur remonter le moral.
Au Danemark, sa femme a du mal à élever seule ses trois enfants.
Puis dans une salle de tribunal, il est jugé pour crime de guerre.
C’est que lors d’une embuscade, pour protéger et sauver sa troupe dont un soldat gravement blessé, cet officier modeste et courageux a fait bombarder une zone d’un village d’où venaient les tirs.
Il apprend par la suite que 11 civils, femmes et enfants, ont été tués. On le juge parce qu’il est accusé de n’avoir pas eu de DIP (Identification formelle de l’ennemi).
Ce qui est en débat, subtil et profond, dans le procès de cet homme qui n’a rien d’un criminel de guerre (il n’est pas comme on imagine ce que c’est qu’en être un et qui est vehiculé par la presse pendant le procès) ce sont les niveaux de conflit entre la morale, la loi, la solidarité inconditionnelle entre soldats, un enchevêtrement ordinaire dans l’armée que l’urgence et le chaos des combats complique encore.
Ensuite, sont à l’œuvre la loyauté des amis et ce qu’elle devient dans la tourmente d’un procès, entre affection, rivalité souterraine, engagement, tous ces niveaux étant torturés par l’hypocrisie de règlements militaires et civils contradictoires.
Le dernier plan, où cet homme borde son fils et lui couvre les pieds, nous fait entendre en lui le long écho suscité par l'image des pieds d’un des enfants afghans victime du bombardement, qu’on a vu en photo lors du procès.
(Notule de 2019 publiée en juin 2025)