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Procès d'intentions
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Les cinémas d'Asie centrale peuvent sembler un peu moins présents sur nos écrans depuis quelques années, mais Après le somptueux Dimanches (Ouzbékistan), en avril dernier, la sortie d'Abel (Kazakhstan) montre que la veine n'est pas tarie, sachant que Adilkhan Yerzhanov reste le plus prolifique des réalisateurs de la région. Elzat Eskendir en est lui à son premier long métrage et Abel prend place à une époque spécifique, 1993, peu après la chute de l'Union Soviétique. Dans un récit très minutieux dans son aspect documentaire, le film montre à quel point, dans le domaine précis de l'élevage ovin, la fin des fermes collectives ne préjuge en rien d'une égalité de répartition du cheptel, dès lors que la corruption s'invite à la fête et que la loi du plus fort rend caduques les prétentions des simples bergers. Abel, en l'occurrence, a beau compter les moutons chaque nuit, il y a de grandes chances qu'il se retrouve assez vite Gros-Jean comme devant. Assez bavard, le film vaut aussi pour ses discussions du passé du pays nouvellement indépendant, les protagonistes y évaluant les mérites comparés de Staline, Brejnev ou Gorbatchev, ce dernier étant le plus méprisé. Avec un arc dramatique un peu plus soutenu, Abel aurait pu être considéré comme une pépite immanquable, mais tel quel, cela reste tout de même un bon film d'un metteur en scène qui parait avoir beaucoup de choses à dire sur l'évolution politique et sociale de son pays.
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Créée
le 13 déc. 2025
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