Elle Fanning, Naomi Watts et Susan Sarandon dans un film sur un adolescent en pleine transition... Je ne sais pas vous mais moi, je signais direct - même si je ne suis pas fan de Sarandon pour être tout à fait honnête. Et le fait est que les actrices sont le point fort du film, depuis Watts en mère déboussolée s'efforçant d'en être pas moins présente pour son fils, audit Ray incarné par une Fanning à l'ambiguïté presque caricaturale, juste à la limite pour être pertinente ; en passant par la grand-mère lesbienne qui a du mal à accepter de voir sa petite-fille rejeter, à ses yeux, sa féminité... Pourtant on touche là au 1er souci du film - en particulier avec le titre dont il a été doté pour sa sortie française : ce n'est pas un film sur Ray. Pas seulement. Comme l'a noté Cliffhunter ➳ dans sa critique, ce sont 3 générations de femmes, leurs perspectives et leurs combats respectifs qui prennent finalement le pas sur la seule transition de Ray - quand bien même elle reste l'enjeu central de l'intrigue. (A croire que le titre original n'était pas là pour rien...) En découle malheureusement un sentiment de survol de ce qui était attendu comme sujet, lors même qu'il était pour le moins déjà ambitieux, dans un script qui aurait gagné à être épuré, et non alourdi de personnages inutilisés (la compagne de la grand-mère) et d'intrigues "soap" (la parenté de Ray). Le film ne fait en effet que sous-entendre sans s'attarder sur des thèmes pourtant inévitables quand on traite de la transition (le rejet, la sexualité, l'affolant taux de suicides des ados...).
Il découle de ce traitement une certaine subtilité, quelques scènes Show, Don't Tell indéniablement réussies (l'utilisation des toilettes). La réalisation ne s'en avère pas moins, globalement, maladroite - voire franchement gênante, entre choix de cadrage confus et prétention lyriques épaisses, le "journal" vidéo de Ray en tête. Si la photographie n'est pas un handicap, la mise en scène l'est définitivement, ne parvenant guère à sublimer son scénario haché, sans qu'on sache si on le doive au montage ou à l'écriture, échouant à donner à ses acteurs autant de matière qu'à ses actrices, et concluant sur une happy end presque hors-sujet. En résulte une sensation tenace de "ça aurait pu être mieux" qui, au regard du sujet et de l'importance de le traiter aujourd'hui, se fait même "ça aurait dû être mieux."
PS: En fait, on a ici un script qu'il aurait été plus pertinent de développer en série que de condenser en un DTV, ou d'épurer à la seule transition de Ray comme dit plus haut. L'entre-deux est ici le souci.