A l'apparition des premiers trailers, le cinéphile dit "de bon goût" n'a pu s'empêcher de s'esclaffer devant cette hérésie consistant à transformer un personnage historique en figure héroïque adepte du démasticage de vampires, oubliant un peu vite que notre bonne vieille littérature s'est toujours amusé à travestir l'histoire pour les besoins de la fiction (Alexandre Dumas, ça vous dis quelque chose ?), tout comme un certain cinéma asiatique prêtant à ses figures nationales des exploits pour le moins contestables. Tiré d'un sympathique roman de Seth Grahame-Smith, "Abraham Lincoln, chasseur de vampires" aura donc essuyé un peu hâtivement les moqueries de tout un chacun, non pas pour la qualité du produit fini, mais bel et bien pour son pitch il est vrai farfelu.

Est-ce par appât du gain, par fainéantise ou tout simplement sous l'effet d'une quelconque torture, toujours est-il que l'auteur du roman original a visiblement tout fait pour balancer aux ordures tout ce qui faisait le sel de son ouvrage afin de n'en garder que le plus superficiel. Alors que son roman faisait preuve d'un profond respect de l'histoire derrière sa démarche délirante, constituant une belle approche du parcours de Lincoln, ne cachant rien du tragique de son existence, mélangeant habilement la fiction aux faits historiques, Grahame-Smith s'en contrefout ici, se contentant de balancer n'importe comment les affrontements et les séquences clés, usant d'ellipses embarrassantes, dénaturant totalement un récit autrefois épique et bouleversant.

Confié à Timur "je me mate en boucle Matrix" Bekmambetov, le délire de Seth Grahame-Smith se transforme en actioner stupide et tape à l'oeil, ridicule de bout en bout et englué dans des effets de style d'un autre âge et de CGI à gerber, à peine meilleur que le pire navet d'un Paul Anderson. Dommage compte tenu du matériau de base et de la présence de bons comédiens, Benjamin Walker, clone de Liam Neeson, faisant preuve d'une certaine présence.
Gand-Alf
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le 12 sept. 2013

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Gand-Alf

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