Absolution
6.6
Absolution

Film de Anthony Page (1978)

Quand la confession devient un jeu pervers

Une petite curiosité malsaine, excellemment jouée et avec Richard Burton, ça ne se refuse pas, n'est-ce pas ?

Comme le film fonctionne à coups de surprises, je ne peux pas trop en dévoiler.

Richard Burton est le père Goddard, un prêtre qui enseigne le latin dans une école catholique pour garçons. Il éprouve un intérêt très marqué - et ambigu - pour Benjie, un élève brillant de sa classe. Celui-ci de son côté exerce une fascination sur Dyson, un autre élève, handicapé et souffre-douleur du père Goddard. Apprenant à l'occasion d'un cours qu'un prêtre est tenu au secret de la confession, quel que soit le péché confessé, il décide de faire une blague au père Goddard en lui confessant un péché imaginaire (des relations sexuelles à l'extérieur). Au cours d'une deuxième confession, il avoue un meurtre. Une fois la blague avouée, l'histoire rebondit quand le père Goddard reçoit de nouveau en confession le même élève qui lui assure que le meurtre est cette fois bien réel. C'est le début du cauchemar pour le prêtre réduit au silence par le secret de la confession et sous l'emprise grandissante.

Et je m'arrête là. L'histoire réserve beaucoup d'autres rebondissements et ce jusqu'à la fin.

Mais ce que j'ai préféré, ce sont les personnages, tous ambigus, et leurs relations de plus en plus malsaines.

J'ai lu plusieurs fois dans d'autres critiques que le film était invraisemblable, surtout vers la fin. C'est vrai, mais ça ne m'a pas dérangée pour ce film-là, parce que ce vieux pensionnat religieux en pleine campagne, proche de la forêt, est un lieu hautement insolite et propice à l'apparition de l'étrangeté. Avec ses dortoirs et sa chapelle sombres, il est déjà source d'angoisse et d'inquiétude. On s'attend un peu à des choses pas nettes et pas forcément réalistes dans un tel lieu. C'est le décor idéal pour le cauchemar éveillé vécu par le père Goddard.


Burton, tout en regard bleu torturé et sueurs froides, est génialement magnétique. Dominic Guard, qui joue le chouchou de Goddard (et le gamin génial dans "Le Messager" de Losey), est formidable d'ambiguïté.

Mairrresse
7
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le 6 août 2025

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Maîrrresse

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