Accattone est un proxénète, c'est-à-dire par extension un parasite et un oisif. A lui et à ses amis du même acabit, dont la beauté et la jeunesse fascinent sans équivoque Pasolini, l'idée même de travailler pour gagner leur vie est saugrenue. Certes, ils ne mènent pas grand train mais, tandis que leurs gagneuses tapinent, ces jeunes hommes pleins d'allant passent leurs journées aux tables des bistrots ou au bord d'une plage. La vie courante du maquereau en somme.
Le portrait d'Accattone et ses déambulations dans les faubourgs de Naples, où il tente de séduire une nouvelle fille, ne s'accompagnent, de la part du réalisateur, d'aucun jugement moral, comme si Pasolini trouvait anodin, sinon légitime, le cheminement d'Accattone, lequel est souvent accompagné par de la musique sacrée (la Passion de Bach), peu en harmonie avec le contexte social du film mais suggérant peut-être la possible rédemption du souteneur Accattone.
Quoiqu'il en soit, même en filmant la rue et les quartiers populaires sur un mode néo-réaliste, Pasolini ne m'a pas beaucoup intéressé à un sujet qui reste sans réelle portée dramatique, tant individuelle que sociale.