Sous son aspect feutré et convenable, l'étude psychologique mise en scène par Losey n'est pas autre chose, très prosaïquement, qu'un cas de "démon de midi", ou la passion d'un professeur quadragénaire pour une étudiante.
En fait de passion, rien de spectaculaire ni de démonstratif dans ce récit que, fidèle à son style, Losey construit lentement, par petites touches, à partir d'une action sans éclat. Ainsi, le cinéaste cherche-t-il à exprimer la contradiction supposée entre l'ostensible climat passionnel des drames romanesques courants et l'apparente sérénité de ses personnages.
Conformément à l'interprétation contenue de Dick Bogarde, Stephen ne laisse rien deviner de son désir et, hormis une manifestation épidermique dans la dernière scène du film, son trouble est quasiment imperceptible.
Cependant, l'exercice de style n'est pas toujours efficace et on peine à se laisser entrainer par un récit et des protagonistes proches parfois d'être ternes. Le sujet n'est pas précisément original et l'intérêt psychologique reste minime. Il n'est que le dédoublement symbolique de Stephen - sa jeunesse est symbolisée par un de ses élèves tandis qu'un ami et collègue incarne l'homme déjà trop âgé dont les tentatives de séduction semblent vaines- il n'est que ce dédoublement qui m'ont convaincu de la subtilité de la mise en scène.