Des choses gentilles à dire sur ce film :
Un couple de jeunes parents subit l’argumentaire d’un vendeur dans un magasin de meubles depuis semble-t-il un petit moment. Lui (David Pareja), n’a pas son mot à dire sur grand-chose dans le foyer et se dit que cette fois il ne transigera pas. Il est séduit. La table délicieusement kitch que constitue une plaque en verre posée sur deux silhouettes féminines dorées, il la veut. Elle (Estefanía de los Santos), représente le bon sens autoritaire et moqueur. La table, elle sait très bien que quand son compagnon s’en sera lassé, elle continuera à rendre tout ce qui se trouve dans un rayon de 15 mètres aussi ridicule qu’elle. Quand bien même on la paierait pour la prendre, elle, elle n’en voudrait pas. Ça pourrait prendre le chemin d’une comédie de mœurs lambda s’il n’y avait pas l’accident domestique du titre français.
Parce que voilà, elle a concédé la victoire à son compagnon dans cette petite gueguerre de couple et la petite table trônera à présent dans le salon...
Et que cette petite table du salon (titre original) sera associée à la mort tragique de leur enfant après 20 minutes de film.
Ça pourrait prendre le chemin d’un drame lambda, sauf que justement la comédie de mœurs voire le théâtre de boulevard ne sont pas loin. Et c’est tout l’intérêt du film puisque Jesús, lui, a assisté à la mort du poupon et que María, elle, à ce moment-là, faisait quelques courses en prévision du repas de famille à venir. Et que sous le coup de la panique (admettons), Jesús se met en tête de vouloir dissimuler le drame à sa compagne le temps de trouver une solution tout simplement inexistante.
On retrouvera donc tous les éléments du théâtre de boulevard : huis-clos, conversations à double-sens, efforts désespérés pour dissimuler des éléments compromettants encore visibles, arrivée impromptue de gêneurs de tous poils... que l’on retrouve aussi dans le thriller et le thriller domestique notamment. On sent bien que Caye Casas éprouve une certaine jubilation à caser quelques bons mots mais aussi à rendre le public complice de son personnage principal, seulement les choses ne sont pas suffisamment tranchées ou assumées.
De la comédie acide annoncée par la scène d’ouverture on passe au thriller fonctionnel teinté de comédie se cherche puis au drame larmoyant... pourquoi pas... mais plutôt qu’un mélange des genres à même de renforcer les émotions de chacun d’entre eux, on a plus l’impression de suivre un récit qui change en cours de route parce que son auteur ne sait pas trop où il va, explore, recule, bifurque, tourne en rond, tâtonne, se contredit. On peut regretter par exemple que des personnages comme Ruth (Gala Flores) ou le vendeur (Eduardo Antuña) n’aient pas été autant exploités qu’ils le méritaient ou que le côté en crise du couple n’apparaisse finalement que comme une façade ou un argument de départ...
Peut-être aussi que le récit aurait bénéficié d’un format court ou moyen métrage dans la mesure où Caye Casas semble non seulement se perdre un peu mais également céder à la tentation du toujours plus. Sa volonté de marquer est louable mais elle s’avère à double tranchant. Si, à la vingtième minute, Caye Casas frappe fort avec la mort du bébé, il ne peut pas s’empêcher plus tard d’aller encore plus loin avec un détail marquant certes mais complètement invraisemblable qui peut davantage casser la dynamique du film que de lui ajouter un cran d’horreur supplémentaire.
S’il est dans l’ensemble plutôt efficace, toutes ces petites touches en trop ou apposées à la va-vite font que La mesita del comedor est surtout très frustrant.
Hum... ce film ne compte assez d'ingrédients pour jouer au bingo avec une grille de 36 cases, mais voilà quand-même les 3 ingrédients repérés
Personnage > Agissement
Vie de merde > Vomit
Personnage > Caractéristique
Vie personnelle > Problèmes familiaux/de couple
Personnage secondaire
Badauds amassés derrière un cordon de sécurité qui prennent des photos ou montrent l’action du doigt
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Barème de notation :
1. À gerber
2. Déplaisir extrême et très limite sur les idées véhiculées
3. On s'est fait grave chier
4. On s'est fait chier mais quelques petits trucs sympas par-ci par-là
5. Bof, bof ; pas la honte mais je ne le reverrais jamais ; y'a des bons trucs mais ça ne suffit pas
6. J'ai aimé des trucs mais ça reste inégal ; je pourrais le revoir en me forçant un peu
7. J'ai passé un bon moment ; je peux le revoir sans problème
8. J'ai beaucoup aimé ; je peux le revoir sans problème
9. Gros gros plaisir de ciné
10. Je ne m'en lasserais jamais