Il y a là le squelette d'un bon film, mais pas l'âme.
Il faut reconnaître un certain talent au film Accords et désaccords de Woody Allen.
Emmet Ray est un guitariste jazz de génie fictif que Woody hisse espièglement au rang de personnage historique. Tout est mis en place pour faire croire à un documentaire: des références musicales précises telles que Django Reinhardt dont Emmet est le premier fan, le contexte des musiciens jazz d'alors et des témoignages "d'historiens" qui auraient connu de près ou de loin Emmet Ray.
De plus, le personnage a cela de réaliste qu'il est l'anti-héros de son récit. Véritable égoïste et dénué d'empathie pour ses semblables et les femmes qui s'éprennent de lui, Emmet ne vit et ne vibre qu'à travers sa guitare. Son narcissisme extrême le rend parfois très gauche car à côté de la plaque et il est tourné en ridicule quelques fois par son entourage.
Par exemple, un soir où son groupe et lui-même devaient se produire sur scène, et encore en coulisses, un de ses musiciens lui fait la blague de lui faire croire que Django se trouve dans le public. Tétanisé par cette nouvelle et l'idée d'être jugée par le plus grand musicien jazz d'alors, Hemmet prend la fuite par le toit et finit par traverser un appartement où se faisait du blanchissement d'argent. Les comiques de situation ne manquent donc pas ici.
Mais au-delà de son aspect loufoque, le trait de personnalité le plus important du protagoniste sont ses deux énormes chevilles et sa capacité à être un odieux connard.
Bien que tout cela soit bien mené, et que Woody Allen maîtrise l'art de l'illusion, c'est l'aspect définitivement caricatural du personnage qui m'a laissé un goût amer. Jusqu'au bout Hemmet n'est ému que par lui-même et l'absence totale d'indices pour tenter de le percer à jour fait que je n'ai pas pu m'y attacher malheureusement ni le trouver spécialement intéressant...
Critique de Wildsevens : http://www.senscritique.com/film/Accords_et_desaccords/critique/38962211