Le titre du film "spoile" toute sa première partie, laquelle est consacrée à un psychodrame sentimentalo-artistique plutôt médiocre et daté dans les coulisses d'une revue de music-hall en répétition.
Pour son premier film parlant, Maurice Tourneur se plait à filmer quelques scènes chantées dans un premier temps, puis à mettre en scène, dans la seconde partie du film des séquences de procès, un genre qui nécessite plus qu'un autre… la parole. Aucun mystère à propos de celle qui sera l'accusée, puisque tout l'accuse. C'est énoncé mollement dans une mise en place lisible et ennuyeuse, avec ses comédiens pas très inspirés (le fadasse André Roanne).
Sans transition, Tourneur passe d'un théâtre à un autre, un tribunal où, on ne s'y attendait pas vraiment, le film prend un tour plus intéressant. Car, si la salle d'audience n'est pas sans produire des effets de manches et le fameux témoin de dernière minute, les débats sont menés avec une certaine sobriété. Et, pour le cas où on trouverait la dramaturgie judiciaire banale, il faut toutefois se rappeler qu'en 1930, elle ne l'était certainement pas encore. Il est à mettre au crédit de Tourneur d'éviter le mode de la représentation grossière qui ne cessera pas de discréditer, par la suite, la plupart des "films de procès".