Et pour ce soir :
Adaline, 2015, de Lee Toland Krieger, avec Blake Lively dans le rôle d'Adaline/Jennifer Larson.
Synopsis centenaire : Adaline est né en 1908. Un soir de ses 29 ans, elle a un accident de voiture qui la fait sombrer dans le coma à cause de l'hypothermie dû à la fraicheur de l'eau et n'en est sauvé que par un éclair qui tombe justement sur la carcasse de la voiture, la réveillant (et perpétuant ce putain de mythe de l'électricité qui relance un coeur arrêté sans fibrillation, mais bon...). Chose magique, cela va stopper le vieillissement cellulaire et Adaline se retrouve finalement à rester bloqué à son âge en 1937 alors que le cours du temps continu. 70 ans et quelques plus tard, elle a vécu plein de bouleversement et de relations qui n'ont jamais été plus loin car elle tient à conserver son secret. Sauf que c'est un film romantique donc vous vous doutez bien qu'il va y avoir un mec qui va mettre un grain de sable dans son plan (ainsi que son père qui fut une relation à elle avant mais chut !)...
Adaline, c'était ce film dont je me contrefoutais mais qu'on n'arrêtais pas de me parler. Contre mauvaise fortune bon coeur, j'ai fini par accepter de le voir, parce que je me suis dis d'une part que comme ça, j'en suis débarrassé, d'autres part, ça feras plaisir à madame et enfin, qui sait, le film n'est peut-être pas si mal. D'ailleurs, le côté "vie infini" m'a rappelé ce pauvre Lost Odyssey, jeu un peu maudit qui, bien que pas exceptionnel, avait pour lui le mérite d'aborder la malédiction d'une vie sans fin, pleine de relation où l'on voit mourir l'autre, ainsi que sa progéniture alors qu'on reste condamné à la vie.
Mais désolé, Adaline reste un film moyen. On peut penser que je ne suis pas le public du film, ce qui est possible mais j'ai un problème avec ces films cousus de fils blancs où tout est trop évident dans sa narration. Et ne dite pas que je n'aime pas les films d'amour, vu que mon film préféré est une histoire d'amour qui commence par la fin. Et au delà du problème du scénario trop évident, il y a un autre défaut que j'attribue soit au réalisateur, soit au scénariste (mais sans doute un peu des deux), c'est que tout le point de départ est raconté par un narrateur en voix-off. Hors, c'est du cinéma, pas de la lecture. Il y a une règle au cinéma qui existe depuis littéralement ses débuts, le "Show, don't tell". C'est un concept qui est attribué au dramaturge Anton Tchekhov (oui, celui qui donna aussi son nom au Fusil de Tchekov, finalement pas si éloigné du "Show, don't tell") où il disait en gros qu'il ne fallait pas lui dire que la lune brillait mais qu'il valait mieux montrer le reflet de sa lumière sur un verre. Ce qui était valable dans le théâtre l'est encore plus au cinéma car les limitations sont infiniment moins importante. Hors, l'usage d'un narrateur qui raconte ça est un vrai aveu d'échec de la narration. L'usage d'un texte par exemple peut être justifié quand vous souhaitez faire une grande fresque (je pense notamment au texte défilant des Star Wars) mais dans le cas d'Adaline, c'est clairement pas l'effet recherché.
Reste des décors bien foutus et un chef opérateur efficace, un cachet certain dans l'image qui alterne les époques, jouant sur la saturation du Technicolor ou l'effet 15 images/seconde de la caméra à manivelle du début du siècle précédant, ainsi que des costumes qui font mouche et des acteurs assez bon (petite mention nostalgique à Harrison Ford, c'est si dur de le voir si vieux, grisonnant de partout alors qu'il était la représentation parfaite de l'homme aussi viril qu'avec ses failles, entre Indiana Jones et Rick Deckard...). Mais sinon, c'est du vue et du revue et franchement, seul l'aspect high-concept de la vie sans fin l'aide à se sortir un peu du flot infini de film d'amour oublié dans les 12h. J'aurai oublié Adaline dans 72h, c'est déjà mieux. 5/10