Les Pommes d'Adam est un film déroutant, qui colle à une certaine absurdité toute scandinave. On suit les premiers pas de d'Adam, ce néo-nazi (Ulrich Thomsen, impeccable) qui sort de prison pour se faire réhabiliter dans un centre religieux. On ne l'aime pas, il est introverti et on le sent susceptible d'exploser soudainement de violence. Cependant, on arrive à s'identifier à lui, quand il découvre une petite société spirituelle atypique, tenue par Ivan (Mads Mikkelsen), un pasteur pragmatique mais sacrément barré, qui a trouvé dans une espèce de folie mesurée le moyen d'échapper aux fantômes de son passé. Ce film parle évidemment de rédemption, mais d'une façon qui démontent savemment les clichés qu'on peut avoir sur la spiritualité. Les scènes cocasses se succèdent, mais virent lentement à l'absurde, et n'hésite pas à faire quelques aller-retours discrets dans un surnaturel tout ce qu'il y a de spirituel. On sort du film chamboulé, indécis sur le message. Qu'on juge ce dernier vide de sens ou au contraire très subtil, on ne peut pas nier que le film de Anders Thomas Jensen nous a fait passer un bon moment divertissant... et quelque peu déstabilisant.