Underrated variation on "Rear Window"... and Tcheky Karyo (lol)

Ce film est un charmant petit hommage aux comédies romantiques new-yorkaises des années 60, comme « Diamants sur canapé » ou « La Garçonnière », et le scénario utilise un spin-off parodique de « Fenêtre sur cour » rempli de clins d'œil et d'écrans dans un écran. C’est très astucieux dans son concept pour maintenir l’intérêt du spectateur, car on a envie de voir jusqu’où ira le duo dans son voyeurisme mais aussi dans sa tentative de détruire le personnage de Tcheky Karyo.


Meg Ryan est excellente dans un rôle que Shirley MacLaine aurait pu tenir si le film avait été réalisé cinquante ans plus tôt. Mais le reste de la distribution est vraiment de second ordre: Matthew Broderick interprète le rôle qui aurait dû revenir à Jack Lemmon, mais il n'est évidemment pas à la hauteur ; il manque de relief pour un premier rôle masculin. Quand au troisième acteur de ce triangle amoureux, on a droit à Tchéky Karyo, le plus grand acteur français (je plaisante biensur). Bien que ce dernier soit moins ridicule que d'habitude, presque passable d'ailleurs, Broderick et Karyo ne sont pas exactement John Cusack et Depardieu, ce qui montre à quel point les producteurs croyaient peu en ce scénario, et c'est probablement pourquoi ce film est resté relativement méconnu.

D'un autre côté, il y a New York. La plus grande star des comédies romantiques les plus inoubliables. Vivant en exil sous les tropiques, je conserve une profonde nostalgie pour New York City, berceau de tous mes souvenirs d'antan. C’est pourquoi je suis toujours à l’affût de tout film se déroulant à New York… cela me rend, pour des raisons évidentes, un peu partial. Et on voit ici quelques extérieurs de New York dans différents quartiers, ce qui est extrêmement appréciable !


Pour le reste, il faut certes avouer que le film manque terriblement d'eye candy et de tension sexuelle, et que Meg Ryan est très mal habillée (vraiment, mais QUI était aux costumes ?). À part ses yeux bleus et son visage plaisant, il n'y a pas grand-chose dans l'écriture pour faire rêver à son personnage (ce qui est quand même l'ingrédient clé de toute comédie romantique réussie). La trame est aussi un peu trop innocente pour vraiment captiver (j'ai zappé toutes les 15 premières minutes tant elles étaient sirupeuses, et j'ai donc commencé mon visionnage seulement au climax du premier acte, quand l'action est transférée à Manhattan) et le titre est vraiment nul. Enfin, le réalisateur: sa mise en scène est correcte, mais il n'est ni cinéphile ni suffisamment versé dans l'histoire du cinéma pour créer cet homage rétro aux classiques de la comédie romantique que propose le script. Pire encore, il ne sait pas mettre en valeur Meg Ryan. Ce réalisateur recevra plus tard un Razzie du pire réalisateur (pour le film « Movie 43 »). Ici, sa realisation reste acceptable. Mais son manque de style est un handicap majeur pour cette production. Toutefois, malgre ce que beaucoup de spectateurs croient, le realisateur n'est pas du tout le plus important dans une production. Si un très bon réalisateur peut parfois (extrêmement rarement) rendre un mauvais scénario regardable, un mauvais réalisateur réussit rarement à rendre un bon scénario inregardable.


En conclusion, malgré toutes ses lacunes bien réelles, ce film reste une petite comédie romantique pluto agreable et certainement sous-estimée. Bon visionnage !

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