Félicien Léonard a fait faillite dans le commerce des farces et attrapes. Les temps ne sont sans doute plus à l'amusement semblent suggérer les auteurs Jacques et Pierre Prévert.
Pour se refaire, Julien Carette traine son accablement sur les pentes de la criminalité et dans une comédie remplie de personnages anticonformistes et décalés, suivant le goût de Jacques Prévert pour les histoires farfelues. Après un long prologue, à la fois singulier et mis en scène de façon assez approximative, l'histoire prend forme lorsque Léonard-Carette se retrouve dans la maison du riche héritier que joue Charles Trenet, sorte de maison du bonheur et de l'innocence où logent une poignée d'artisans bienheureux.
Trenet ne chante ici qu'une chanson et il incarne, en sa qualité de poète optimiste et enjoué, une joie de vivre insouciante et candide qui est sans doute de la même famille que l'univers des Prévert. La comédie est traversée par des figures assez savoureuses en ce qu'elles contreviennent aimablement à la morale et à la raison.
La principale faiblesse du film tient à la pauvreté de la réalisation de Pierre Prévert qui ne sait pas restituer ce petit vent de folie qui souffle sur le scénario et atteint les protagonistes. Belles prestations de Carette et de son âme noire Pierre Brasseur.