Il y a un univers vraiment particulier qui se déploie dans « Affection Affection ». Difficile à décrire mais totalement prégnant et qui, une chose est sûre, s’imprègne en nous. Pour leur second essai derrière la caméra après le confidentiel « Bêtes blondes » (à peine 3000 entrées...), le duo de cinéastes Maxime Matray et Alexia Walther nous convie à une sorte de suspense immobile à base de disparitions - mais qui ne semblent pas être si graves que cela - baigné dans un humour étrange, à froid. Il faut dire qu’au début et durant une bonne partie du film, on ne comprend pas trop où l’histoire veut nous emmener ni même ce que ce binôme veut nous dire avec ce long-métrage.


Puis, petit à petit, on finit par adhérer à la proposition, à se fondre dans le film. Le personnage joué par Agathe Bonitzer (très bien) va tenter de retrouver trois disparus : son père, la fille de celui-ci et sa propre mère qui ont tous choisis de ne plus donner de nouvelles le même jour. Elle n’enquête pas vraiment, elle va d’une rencontre à une autre, d’une déduction à une autre de manière nonchalante et fuyant toute tension ou suspense. « Affection Affection » est un film d’atmosphère qui flirte souvent le bizarre. On est dans une veine réaliste mais une kyrielle de moments un chouïa excentriques, de dialogues volontairement décalés et de situations qui le sont tout autant vont imprégner cette œuvre d’une certaine forme d’absurde. C’est un tantinet loufoque, même au point que l’on sourit un peu mais sans savoir vraiment pourquoi. On n’est pas dans une comédie, c’est sûr, mais ce n’est jamais sombre, triste ou tragique non plus, loin s’en faut.


Le script entretient pas mal de zones d’ombres et le film se plaît à convoler avec ce qui paraîtrait presque pour du surnaturel. Les décors de cette petite ville de la Côte d’Azur vidée de ses habitants en plein hiver et caressée par la lumière blafarde et orangée de la saison morte lui confère un cachet peu commun. Et plutôt maîtrisé visuellement. Un charme certain pointe le bout de son nez et certaines de ces séquences étranges font leur petit effet. Malheureusement, « Affection Affection » est un peu plat. Et il suffit de plusieurs scènes moins intéressantes pour que l’on décroche surtout que le film peine à se conclure. Notre investissement à suivre cette drôle d’histoire s’en retrouve amoindri même sin on salue une proposition hors des sentiers battus à la tonalité inédite. Certaines choses restent en pointillés, un peu comme la finalité de tout ça. On ressort donc de là à moitié convaincu bien qu’on avait envie d’y croire...


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JorikVesperhaven
5

Créée

le 16 oct. 2025

Critique lue 70 fois

Rémy Fiers

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