"50 nuances de Grey",version teenage.Tessa,jeune fille sage et sérieuse,intègre l'université mais sa morale va y être mise à rude épreuve.Sa camarade de chambre est une gouine débauchée qui l'entraîne vite fait dans ces soirées étudiantes où la musique est trop forte,où l'alcool coule à flot,où la drogue et les tatouages sont en vente libre et où,horreur suprême,le sexe se pratique sans modération.Tessa résiste à la tentation et essaie de préserver sa virginité,mais elle tombe folle amoureuse de Hardin,le beau gosse tombeur de service,un type arrogant et bizarre,mais si sexy.Et puis c'est réciproque,du moins en apparence,alors c'est parti pour le stupre,le vice et la fornication,gages de damnation éternelle.L'oie blanche et le bad boy filent le parfait amour,mais est-ce que ça rime avec toujours?Cette romance light est produite par un curieux consortium de firmes inconnues,à part la trop célèbre Voltage Pictures,et compte parmi ses nombreux producteurs Adam Shankman et la romancière Anna Todd qui a écrit la série de romans dont le premier tome est adapté ici.La franchise en est actuellement à trois films ciné,et il est à craindre qu'il y en ait d'autres.La littérature young adult marche du feu de Dieu Outre-Atlantique et se révèle grande pourvoyeuse de transpositions à l'écran.Bizarrement,ce sont systématiquement des femmes qui rédigent ces oeuvres relevant généralement du genre fantastique et s'adressant à un public oscillant entre quinze et trente ans.On a eu les "Harry Potter" de J.K. Rowling,les "Darkest minds" d'Alexandra Bracken,les "Twilight" de Stephenie Meyer,les "Hunger Games" de Suzanne Collins,les "Divergente" de Veronica Roth ou les "Mortal instruments" de Cassandra Clare,les "Labyrinthe" de James Dashner étant l'exception qui confirme les règles.Là on a donc une resucée édulcorée et rajeunie des "50 nuances" de E.L. James,encore une nana,en moins érotique encore.De fait "After" est à peu près aussi excitant qu'un meeting de Mélenchon.Bon,un peu plus quand même car Hardin fait rien qu'à enlever son tee-shirt et ça Jean-Luc le fait pas,enfin on suppose,il faudrait qu'il y ait quelqu'un qui assiste à ses réunions pour être sûr,mais Dieu,ou plutôt Trotski,nous en préserve car personne de sensé n'a envie de voir ça.La structure est cependant celle des bouquins de James,avec la fille raisonnable et prude qui craque pour son antithèse,le gars barré et torturé en réalité plus gentil et sensible qu'il ne s'attache à le paraître.C'est donc le Salon du cliché et du poncif réunis et on doit se fader une succession de plans esthétisants en forme de spots de pub pour eau de toilette avec plein de pluie,de ralentis,des personnages qui prennent des poses alanguies pour bien montrer leur tristesse et de jolies chansons pop planantes dégoisées par des chanteuses à la voix cassée pile pour vous donner le blues.Il ne se passe pas grand-chose,on s'ennuie ferme et les séquences de baise ont été censurées par l'église anglicane.De temps en temps on nous file un os à ronger pour qu'on se barre pas avant la fin de la projo.Du coup ça psychologise un peu et on découvre que nos deux tourtereaux ne sont pas si différents car ils se traînent des histoires familiales compliquées et sont de fins connaisseurs en littérature classique.On nous les montre déclamant des passages de livres comme "Orgueil et préjugés" ou "Les Hauts de Hurlevent",et ça franchement ça en jette!Et puis ils font parfois des trucs de guedins qu'on n'imagine même pas,du genre se baigner dans un lac ou rester enfermés à la bibliothèque après la fermeture.Les jeunes acteurs font bien leur travail et parviennent à animer cette émolliente love story.Josephine Langford est toute mignonne et Hero Fiennes-Tiffin fait bien le séducteur cynique à la Valmont.Swen Temmel,Khadijha Red Thunder et Shane Paul McGhie se montrent aussi à la hauteur.Les darons sont joués par d'anciennes gloires des années 80-90 telles que Jennifer Beals,la danseuse de "Flashdance",Peter Gallagher,le mari infidèle et négligent de "Sexe,mensonges et vidéo",et Selma Blair,la petite allumeuse de "Sexe intentions" qui curieusement était une adaptation des "Liaisons dangereuses",oeuvre qui a visiblement inspiré "After".D'ailleurs Roger Kumble,le réalisateur de ce film,sera aussi aux commandes pour "After 2".